Le meuble français veut accélérer sa transition environnementale

L’Ameublement Français, qui fédère les fabricants de meubles de l’Hexagone, a présenté sa feuille de route pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

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Meubles en bois
Lors d'une conférence, qui s'est tenue le 8 novembre à Paris, la filière française de fabrication de meubles s'est penchée sur l'avenir de cette industrie dans un monde neutre en carbone.

La filière française de fabrication de meubles accélère à son tour sa transition environnementale et a présenté, le 8 novembre, lors d’une conférence à Paris, son plan d’actions vers la décarbonation de ses activités. «C’est un vrai projet de transformation. Nous avons, aujourd’hui, la responsabilité d’inventer l’avenir et une offre de produits et de services qui soit totalement durable et qui aide l’ensemble de nos entreprises à répondre aux défis que nous devons relever», a commenté Philippe Moreau, président de l’Ameublement Français, l’organisation professionnelle regroupant les fabricants de meubles.

L’Ameublement Français a confié au cabinet EY le soin de faire l’état des lieux. Ce dernier dresse un bilan mitigé de l’impact environnemental de la filière. La fabrication de meubles en France est à l’origine de l’émission de 2,6 millions de tonnes de CO2 dont 70 % générés par les matières premières et les approvisionnements et seulement 10 % par la production et les emballages. Elle doit ces résultats, jugés positifs, au fait que le bois représente 85 % des matériaux utilisés et que 92 % de déchets de meubles sont revalorisés.  « En revanche et c’est une source d’inquiétude, l’impact carbone des importations est supérieur et atteint 3,4 millions de tonnes de CO2 », a complété Yannick Cabrol du cabinet EY.

Réindustrialisation et décarbonation

Deux scénarios ont été étudiés pour établir la feuille de route vers la décarbonation. L’un repose sur une désindustrialisation tendancielle et ne permet qu’une diminution de 3 % de CO2 à l’horizon 2030 avec, en sus, des pertes de revenus et d’emplois. L’autre, qui a finalement été retenu par l’Ameublement Français pour élaborer sa trajectoire, est basé sur une réindustrialisation. Il conduit à un recul de 11 % des émissions de CO2 avec en prime une croissance des entreprises hexagonales et des créations d’emplois. « Réindustrialisation et décarbonation sont en fait les deux faces d’une même pièce » a souligné Yannick Cabrol.

Réfléchir à de nouveaux modèles économiques

L’Ameublement Français propose de se concentrer, dans un premier temps, sur des actions de court terme permettant d’atteindre des objectifs à l’horizon 2030. Ce premier volet porte notamment sur le renforcement de l’utilisation des matériaux recyclés et biosourcés, sur la logistique (fabrication de meuble plus légers, recours aux modes alternatifs, mutualisation) et sur la fabrication elle-même avec la modernisation des parcs machines et l’augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

Pour atteindre la véritable neutralité carbone en 2050, l’organisation professionnelle veut s’engager dans une réflexion en profondeur sur les nouveaux usages de consommation, marqués par une tendance lourde à la sobriété, et sur d’autres modèles économiques axés sur le service.

«Notre enjeu va être d’allonger la durée de vie des meubles pour réduire la consommation de ressources et produire moins de meubles. Ce n’est pas suicidaire pour l’industrie si on l’accompagne d’un modèle économique de la fonctionnalité, d’une création de valeur différente», a résumé Cathy Dufour, délégué général de l’Ameublement Français.

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