Comme c’était prévisible en raison du confinement puis des diverses mesures de fermetures des grandes surfaces, le marché de l’ameublement en France a connu un recul en 2020 selon les chiffres dévoilés, le 9 mars, par les professionnels de la filière.
En 2020, le cumul des ventes a atteint 12,730 milliards d’euros, en diminution de 4,8 % par rapport à l’exercice précédent, soit un déficit de près de 650 millions d’euros. Cinq des six segments du marché affichent des baisses. Fer de lance de l’activité avec un tiers de parts de marché, la catégorie meuble meublant recule ainsi de 6,3 %, celle de la literie de 7,6 %, celle des canapés, fauteuils et banquettes de 5,3 %. Même la cuisine, bien que toujours portée par l’appétence des Français et qui dope l’activité depuis quelques années (27,5 % de parts de marché), perd 2,9 points.
Seul le segment du meuble de jardin progresse de 4,2 %, conséquence des investissements des ménages qui ont eu la chance de pouvoir profiter d’un jardin voire d’un balcon durant le confinement.
Effondrement en avril
Spectaculairement en baisse au cours des quatre premiers mois de l’année, marqués par exemple par un effondrement en avril (- 85,6 %), le marché s’est ensuite bien ressaisi avec des hausses successives à partir de mai et jusqu’en décembre excepté en novembre.
"Si en valeur absolu le résultat de l’année 2020 reste négatif, il n’en constitue par moins un score plus qu’honorable au vu du contexte sanitaire", s’est félicité Patrick Prigent, président de la FNAEM, la Fédération française du négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison.
Cet engouement des consommateurs dès la réouverture des points de vente est vu comme un signe encourageant par les professionnels. En obligeant les Français à se recentrer sur leur logement, le confinement leur aura donné l’envie de le transformer. Mieux, le consommateur a souhaité réaménager en mêlant l’esthétique au fonctionnel ce qui se traduit par une montée en gamme des achats. "La notion de plaisir, désormais présente, va augmenter le montant du panier moyen", a pronostiqué Guenhaël Seveno, président de l’Institut de prospective et d’études de l’ameublement (IPEA).
"Tensions sur les approvisionnements"
Les fabricants, de leur côté, sont passés d’un moment de sidération et d’interrogation lors du premier confinement à une période de quasi-surchauffe. "Nous avons connu un rebond d’activité qui n’a cessé de nous surprendre et contraint de mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard", a relevé Philippe Moreau, président de l’Ameublement français qui fédère 350 entreprises françaises de fabrication de meubles.
Pour autant, si de nombreux industriels connaissent toujours une activité soutenue ils font, parallèlement, face à des tensions sur l’approvisionnement. "Il y a des tensions sur la plupart des composants comme le bois ou la mousse et elles s’accompagnent de hausses de prix pour certaines significatives", a déploré Philippe Moreau.
Enfin, la pandémie a contraint toute la filière de l’ameublement a accéléré sa digitalisation en faisant preuve de créativité et d’agilité. "La digitalisation n’apparaît plus comme une solution temporaire mais comme un mouvement de fond dont la valeur ajoutée a un fort impact", a déclaré Patrick Prigent.



