Le marché des satellites d’observation de la Terre dopé par la diversification des projets de constellation

Selon une étude du cabinet Euroconsult, le marché de la construction des satellites d’observation de la terre pourrait progresser de 16% d’ici à 2030. Une évolution tirée par les programmes gouvernementaux mais aussi par l’arrivée de constellations commerciales utilisant de nouveaux types de capteurs.

 

Pléiade Neo Imagerie
Pléiade Neo Imagerie

La construction des satellites d’observation de la terre (EO) se porte bien. Dans une étude parue le 13 janvier, le cabinet spécialisé dans le spatial Euroconsult, estime que le marché des satellites EO pourrait croître de presque 16 % d’ici à 2030. Aujourd’hui évalué à 65,8 milliards de dollars (57,7 milliards d’euros), il atteindrait 76,1 milliards de dollars (66,73 milliards d’euros) dans les dix prochaines années.

« Cette croissance restera principalement supportée par les programmes gouvernementaux, cependant la part de marché des satellites commerciaux va presque doubler passant de 4 à 7% en valeur, et cela est lié principalement à deux facteurs : la diversification des charges utiles et la croissance du nombre de missions commerciales. Les projets commerciaux se tournent systématiquement vers des projets de constellations, que ce soit les projets traditionnels haut de gamme ou les nouveaux entrants portant des projets "disruptifs" à plus faible coût », explique Alexis Conte, expert d’Euroconsult responsable de l’étude.

Un marché tiré par les projets gouvernementaux

Ce constat met en avant une nette modification du marché : sur la période 2011-2020, les constellations de satellites commerciaux n’ont capté qu’un maigre 4% du marché, bien qu’ils représentent près de 65% des lancements des satellites d’observation des 10 dernières années. « Cet écart peut s’expliquer par le modèle industriel retenu pour les constellations des satellites d’observations. En effet, les missions commerciales sont dominées en nombre par des plus petits satellites, avec des performances moindres en faisant la part belle à des composants prêts à l’emploi. La réduction des coûts de développement permet de répercuter cette compétitivité sur le prix des images et de tirer parti d’un grand volume à bas coût pour le développement de nouveaux services basés sur les détections de changement et la surveillance de sites », pointe Alexis Conte.

Dans ce contexte, les programmes gouvernementaux – civils et militaires-, s’appuyant sur des satellites de plus grandes dimensions, plus coûteux, ont assuré plus de 80% de la valeur du marché entre 2011 et 2020. Ces grands programmes continueront de peser largement dans la croissance du marché même si leur part relative devrait baisser estime Alexis Conte : « Les satellites proposant des données gratuites comme Copernicus sont essentiels pour l’essor des constellations à bas coût car les données qu’ils transmettent permettent à certaines constellations dites "low-cost" de se calibrer », souligne-t-il. « En outre, les capacités grandissantes de renseignement augmentent : de nouveaux pays développent des programmes civils et les missions se diversifient pour soutenir de grands projets de R&D. La synergie avec les capacités en temps quasi réel des données commerciales va continuer d’augmenter. »

De nouveaux capteurs

L’étude met toutefois en avant que les satellites commerciaux devraient peu à peu s’orienter vers de nouvelles technologies d’observations. Au-delà des charges utiles optiques-multispectrales, les investissements se concentrent désormais vers de nouveaux types de capteurs : imagerie hyperspectrale (HSI), Radar à synthèse d’ouverture (SAR) ou encore renseignement électronique (ELINT/RF). Cette diversification devrait accroître la valeur du marché des constellations commerciales.

D’autant qu’avec l’arrivée de nouveaux acteurs accompagnant le développement du NewSpace, les mises en orbite devraient se poursuivre sur un rythme effréné. Le nombre de lancements devrait passer de 1080 entre 2011 et 2020 à 2600 d’ici à 2030 avec pas moins de 90 constellations d’observation de la terre déjà prévues.

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