Le Loria et l'éditeur de logiciels Wallix s'associent pour accélérer la lutte contre les malwares

Regroupés au sein du Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (Loria), le CNRS, l’Université de Lorraine et l'Inria ont annoncé un partenariat avec Wallix, éditeur français de logiciels de sécurité informatique. Baptisée Cybermallix, l'initiative vise à améliorer la détection de logiciels malveillants.

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Le Loria est capable d'identifier des millions de malwares.

Censé ouvrir ses portes mi-février, le Campus Cyber prévoit d'accroître les synergies entre les différents acteurs de la cybersécurité à la française. Une tendance à la collaboration en passe de se généraliser, comme le prouve également le partenariat annoncé début décembre entre le Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (Loria) et l'éditeur de logiciels de sécurité informatique Wallix.

Créé en 1997, le Loria est une unité commune au CNRS, à l'Université de Lorraine et à l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), spécialisée notamment dans la cybersécurité. Les 450 personnes qui y travaillent disposent d'une collection de quelque 30 millions de malwares, ce qui leur permet de reconnaître facilement la « morphologie » d'un nouveau logiciel malveillant. Grâce à leurs solutions basées sur l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique, ses chercheurs construisent des outils permettant de lutter contre les virus informatiques.

Neutraliser les variants

Wallix propose de son côté des solutions de cybersécurité visant à sécuriser les accès aux données des entreprises et à détecter en temps réel les intrusions sur leur système d’information. Nommé Cybermallix, le laboratoire commun lancé avec le Loria a pour objectif de renforcer la protection de la société face aux cybermenaces, entre autres en approfondissant la recherche sur les codes malveillants.

« Quand on connaît la morphologie d'un malware, il est plus facile de l'arrêter, explique à L'Usine Nouvelle Jean-Yves Marion, directeur du Loria. Le problème, c'est qu'on voit souvent apparaître des nouvelles versions, que l'on pourrait comparer aux variants d'un virus bien réel. Notre ambition est de réussir à développer un genre de vaccin, capable de neutraliser toutes les souches ».

Sécuriser les objets connectés

Cette initiative apparaît plus que bienvenue devant l'urgence de la situation : la cybercriminalité aurait coûté environ 6 000 milliards de dollars (5 316 milliards d'euros) à l'échelle mondiale en 2021. Une somme supérieure au PIB du Japon, équivalente au double de la capitalisation boursière de l'entreprise Apple. Au-delà des pertes financières, l'explosion récente du nombre de cyberattaques, engendrée en partie la digitalisation galopante de notre société, débouche parfois sur des conséquences humaines gravissimes. De plus en plus d'entreprises ou de services publics se retrouvent paralysés face aux ransomwares, devenus des armes de prédilection pour les hackers.

Cybermallix se penchera par ailleurs sur les meilleures façons de protéger les chaînes industrielles, particulièrement vulnérables. « De grands groupes comme Renault ou Schneider Electric ont les moyens d'avoir des services informatiques compétents, mais pour la petite PME des Vosges, c'est plus compliqué », reconnaît Jean-Yves Marion. De manière plus large, le laboratoire explorera également les questions de sécurité autour des objets connectés, qui s'apparentent parfois à « de véritables passoires », selon lui. Le Loria et Wallix travaillent également ensemble dans le cadre d'appels d'offres de Bpifrance sur le sujet.

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