Le laboratoire allemand Evotec prévoit 73 supressions d'emplois en France

Avançant une sous-utilisation de ses capacités, le laboratoire allemand Evotec, spécialiste de la sous-traitance de développement et de production, engage un plan de restructuration en France avec la suppression de 64 postes sur son site de Toulouse (Haute-Garonne) et de 9 postes sur son site de Lyon (Rhône).

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Repris auprès de Sanofi en 2015, le site du sous-traitant pharmaceutique allemand Evotec à Toulouse (Haute-Garonne) devrait subir la suppression de 69 des 1000 postes actuellement.

Evotec entend se séparer de 73 de ses 1000 salariés environ en France. Cette décision se pose comme la déclinaison française d’un plan de rationalisation enclenché en avril dernier par le laboratoire allemand qui compte réduire de 400 postes ses effectifs d’environ 5000 salariés dans le monde. Deux sites sont concernés en France.

En premier lieu le Campus Curie d’Evotec à Toulouse (Haute-Garonne), que le groupe avait acquis auprès de Sanofi en 2015, et qui est spécialisé dans les aires thérapeutiques de l’oncologie et de l’immuno-oncologie. Les effectifs, d’actuellement 700 employés, seront réduits de 64 postes. En parallèle, le laboratoire compte supprimer 9 postes sur son site de Lyon (Rhône), où 120 chercheurs officient dans le domaine des médicaments anti-infectieux. 

Evotec dévoilera «de plus amples informations sur le calendrier et les fonctions concernées» par ce plan de restructuration «ultérieurement», selon un porte-parole.

Un environnement difficile pour les investissements dans les biotechnologies

Dans un communiqué publié le 29 août, le groupe évoque un «environnement de marché difficile, caractérisé par le ralentissement des dépenses de R&D dans le secteur des biotechnologies». Ce qui a entraîné une «sous-utilisation des capacités de la société». Spécialiste de la sous-traitance en matière de recherche, de développement et de production pharmaceutique, Evotec demeure dépendant de la demande d’autres laboratoires pharmaceutiques. Or, depuis le début 2023, en Europe et notamment en France, les investissements dans le domaine des biotechs ont effectivement ralenti.

Le 14 août dernier, dans le communiqué d’Evotec présentant les résultats du premier semestre, Christian Wojczewski, le PDG reconnaissait des «revenus et une profitabilité plus difficiles qu’attendus», pointant en particulier «un ralentissement notable des dépenses de R&D early-stage», donc des dépenses liées aux développements en phase précoce de médicaments. Au niveau du bilan comptable, le groupe affichait une baisse, entre janvier et juin 2024, de 2% sur un an de son chiffre d’affaires, à 390,8 millions d’euros, grevé principalement par une contraction de 7% des revenus pour la R&D menée pour le compte de tiers, à 302,4 millions d’euros, donc de sa principale activité.

Si Evotec réduit la voilure dans ses activités de sous-traitance en R&D, ce plan de restructuration n’a en revanche pas d’incidence sur le projet de bioproduction du groupe sur le campus toulousain. Annoncé en 2021, ce projet de 150 millions d’euros pour la construction d’une usine pour la fabrication de produits biologiques (bioproduction), notamment dans le domaine des maladies infectieuses, est en phase de finalisation. En début d’année, Evotec avait indiqué que cette usine devrait être pleinement opérationnelle au premier trimestre 2025.

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