Le fournisseur japonais de puces Rohm veut faire de la Chine, le plus gros marché automobile au monde, le fer de lance de sa course dans les composants et modules électroniques de puissance en carbure de silicium. Après l'ouverture d'un laboratoire commun avec l’équipementier UAES, le groupe a annoncé mardi 7 septembre avoir conclu un partenariat stratégique sur le sujet avec le constructeur automobile Geely. Les deux entreprises vont collaborer au développement de solutions avancées d’électrification de voitures, en commençant par des onduleurs de traction à base de puces en carbure de silicium.
Les composants électroniques de puissance en carbure de silicium sont de plus en plus utilisés dans les véhicules électriques, mais aussi dans les équipements électriques d’infrastructures, d'environnement, d'énergie, de data-centers ou encore d'usines. Par rapport à leurs équivalents traditionnels en silicium, ils offrent l’avantage de résister à des températures plus élevées, de fonctionner à des voltages plus importants et de réduire les pertes d’énergie par commutation et conduction, et donc l’encombrement, le poids et le coût total de possession.
Course effrénée
Depuis 2018, Rohm et Geely collaborent, en échangeant notamment des informations techniques. Ce partenariat répond à l’ambition du constructeur automobile chinois d’accélérer son positionnement dans l'électrique. Pour cela, il a choisi d’imiter Tesla, pionnier dans ce domaine, en misant sur la technologie de carbure de silicium pour améliorer l’efficacité énergétique de la chaîne de traction, étendre l'autonomie de la batterie, réduire les coûts et raccourcir les temps de charge.

- 47515.45-2.38
Mars 2026
Cours mensuel de l'étain - settlement$ USD/tonne
- 7.9827-0.18
13 Avril 2026
Yuan chinois (CNY) - quotidien¥ CNY/€
Le carbure de silicium fait l’objet d’une course effrénée dans l’industrie des semi-conducteurs. Selon le cabinet Yole Développement, le marché mondial des composants et modules électroniques de puissance dans cette technologie devrait grimper de 720 millions de dollars (608 millions d'euros) en 2020, à 4 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) en 2026. Une nouvelle opportunité sur laquelle souhaitent se positionner pas moins de 50 fabricants dans le monde.
Rohm compte plus de 22 000 salariés dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 3,3 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) sur son dernier exercice fiscal clos en mars 2021. Pour profiter de l’envolée annoncée de la demande, le groupe construit à Chikugo, au Japon, une nouvelle usine de puces en carbure de silicium. L'objectif est de multiplier par cinq sa capacité de production dans ce domaine d’ici mars 2025. Sa mise en service est prévue au courant de l’année 2022. L’investissement atteint 560 millions de dollars (473 millions d'euros).
Intégration verticale
Selon le cabinet Yole Développement, Rohm fait figure de numéro trois mondial dans les composants et modules électroniques de puissance en carbure de silicium, avec 15% du marché en 2020, derrière le Franco-italien STMicroelectronics (39%) et l’Américain Cree (16%). Mais il se place devant l’Allemand Infineon Technologies (13%), pourtant numéro un mondial des composants électroniques de puissance.
Sa force réside dans son intégration verticale. Un atout qu’il partage aujourd'hui uniquement avec Cree... Et bientôt avec STMicroelectronics, qui s’est offert une source de carbure de silicium avec le rachat de 100% de Norstel. C'est aussi le cas d'Onsemi grâce au rachat de GTAT. Rohm dispose de son côté de sa propre source de substrats de carbure de silicium avec SiChrystal, une société située en Allemagne. Cette intégration lui confère un avantage essentiel dans le contexte actuel, où l'offre de plaquettes de carbure de silicium peine à satisfaire la demande.



