Le groupe Atlantic, spécialiste français de la pompe à chaleur, initie un investissement de 150 millions d’euros pour créer une nouvelle usine de production dans la zone Saoneor du Grand Chalon (Saône-et-Loire), dont la livraison est attendue pour le dernier trimestre 2025. Dans un contexte de transition énergétique, l’entreprise souhaite ainsi augmenter ses capacités industrielles.
L’usine devrait produire annuellement 180 000 unités sur cette première tranche d’investissement portant jusqu’en 2027. Le site de 19 hectares accueillera d’abord un bâtiment couvert de 35 000 m². «Nous prévoyons de doubler nos capacités d’ici trois ans. En fonction du marché et des volumes attendus, nous serons en capacité de réagir et nous pourrons agrandir», complète Olivier Roger, directeur de projet de la nouvelle usine pompe à chaleur.
«Alors que le secteur d’activité du bâtiment représente un tiers de l’empreinte carbone en France, 30% de nos produits sont thermodynamiques pour contribuer à un chauffage plus décarboné. Notre objectif est de passer à 50% d’ici 2030» détaille Marc Ruze, directeur industriel de la division pompes à chaleur et chaudières du groupe Atlantic (3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022).
Besoins de compétences et d'équipements
Le groupe Atlantic, qui emploie 13 000 salariés sur 31 sites et quatre continents, prévoit de recruter 300 personnes pour sa nouvelle usine. «Le territoire du Grand Chalon dispose d’une main d’œuvre de qualité, mais qui a besoin d’opérer une mutation de ses compétences avec l’aide des partenaires locaux comme pôle formation de l’UIMM», souligne Olivier Roger. Du côté des équipements, le groupe planifie l’acquisition d’un parc machine pour transformer la matière et en faire des pièces de tôle. «Nous ferons des lignes de montage, pour les unités intérieure et extérieure, au prorata des besoins» insiste Marc Ruze.
La future usine contiendra un atelier de tôlerie intégrant des machines d’emboutissage, de découpe laser ou encore de pliage robotisé ; un atelier de peinture ; un atelier dédié à la fabrication des évaporateurs pour les unités extérieures ; un atelier d’assemblage des différents composants et une zone logistique, représentant la moitié de la surface totale du site, pour accueillir les composants et les produits finis.
Le choix d’une installation en Saône-et-Loire s’inscrit dans la démarche environnementale du groupe. «Rester en France vise à réduire notre impact carbone en réduisant le transport grâce au positionnement stratégique du GrandChalon», explique Marc Ruze. Atlantic a également profité d’un accompagnement des collectivités locales, désireuses de soutenir la production française de pompes à chaleur. Pour les représentants du groupe, une usine en France participe aussi à produire à proximité de son principal marché.
Des investissements complémentaires
En parallèle de la construction de sa future usine, le groupe Atlantic débloque 120 millions d’euros sur trois ans pour se doter de nouveaux moyens de R&D. L’entreprise va notamment débloquer 25 millions d’euros pour construire un centre technique HPTC, pour Heat Pump Technical Center, de 8 000 m² à Billy-Berclau (Pas-de-Calais) dont le démarrage est prévu en janvier 2024.
Sur le plan industriel, le groupe entend spécialiser ses sites de fabrication existants de Billy-Berclau et Merville (Nord) et faire évoluer ses process pour augmenter la réactivité et l’agilité. A Merville, usine centenaire, Atlantic prévoit d’installer la production des chaudières au sol et murales, des accessoires, des pièces détachées notamment. Le groupe dédiera son usine de Billy-Berclau, construite par Atlantic en 2016, à la production des pompes à chaleur et des chaudières murales en grandes séries. Les deux sites dépasseront la barre des 200 000 produits en 2023, dont deux tiers de pompes à chaleur et un tiers de chaudières. Le groupe intègre la hausse de la part de ses exportations atteignant 25% des volumes en adaptant ses modèles en fonction des pays de destination.



