Le gouvernement québécois ne veut pas réinvestir dans l’Airbus A220

Après Bombardier, le gouvernement québecois doute aussi de l'avenir de l'Airbus A220 (ex-CSeries). Le 29 janvier, le Premier ministre de Québec a assuré qu'il ne réinvestirait pas dans le programme.

Usine Mirabel The first Canadian-made A220-300 aircraft destined to a Canadian airline – Air Canada – received its colours during activity in Mirabel
Un Airbus A220-300 à l'atelier de peinture de l'usine de Mirabel au Canada.

Le camp canadien continue de prendre ses distances avec l’Airbus A220 (ex-CSeries). Mercredi 29 janvier, le Premier ministre François Legault a exclu tout investissement supplémentaire dans le programme. En parallèle, Bombardier “réévalue” sa participation dans la co-entreprise avec l’avionneur européen.

“On ne peut pas s’assurer que cette division fera un jour des profits”

“Il n’est pas question de réinvestir dans cette division-là”, a déclaré le chef du gouvernement québécois selon des propos cités par Le Journal de Québec. “On ne peut pas s’assurer que cette division fera un jour des profits, donc nous n’allons pas réinvestir un cent dans cette division”, a-t-il ajouté.

Néanmoins, le gouvernement québecois continue de discuter avec Airbus et Bombardier sur l’A220. Le programme représente en effet 3 000 emplois, principalement à l’usine de Mirabel (Canada), que l’État souhaite protéger. Les partenaires pourraient trouver une entente sous une dizaine de jours selon la presse canadienne.

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Depuis 2017, le programme A220 est géré par une co-entreprise entre Airbus et Bombardier, baptisée Société en commandite Airbus Canada (SCAC). Celle-ci est majoritairement détenue par Airbus (50 %) tandis que Bombardier en détient 33,6 % et Investissement Québec (société d’état québécoise) 16,4 % .

L’A220 aurait besoin de capitaux additionnels

Les propos du Premier ministre canadien font écho à une annonce récente de Bombardier. Le 16 janvier, à la présentation de ses résultats financiers préliminaires, l’entreprise révélait qu’elle “réévaluait” sa participation dans la co-entreprise SCAC. “Les plus récentes indications du plan financier de SCAC appellent à investir des capitaux additionnels pour soutenir l’accélération des cadences de production”, justifiait alors Bombardier.

Selon La Presse, François Legault a toutefois écarté une telle hypothèse. “Airbus vend toutes sortes de types d’avions, des Airbus 220, mais aussi Airbus 320, des avions plus importants. Donc c’est très difficile de s’assurer que la répartition des coûts dans cette division-là est faite correctement”, a-t-il argumenté.

Airbus relativise

Le Premier ministre, également chef de la Coalition avenir Québec est allé plus loin en critiquant les décisions de ses prédécesseurs. En 2016, le gouvernement libéral avait investi 1,3 milliard de dollars canadien (soit 890 millions d’euros) dans le CSeries. “Une mauvaise décision d’affaires”, selon François Legault. “Il va falloir évaluer quelle est la valeur marchande de cet investissement”, a-t-il ajouté.

Airbus et Bombardier doivent tous deux présenter leurs résultats financiers pour 2019 jeudi 13 février. L’avionneur européen n’a pas encore publiquement précisé son besoin de liquidités pour l’A220. Dans La Presse, une porte-parole relativise ce nouveau besoin de capitaux : “Il est tout à fait normal, à ce stade-ci dans la durée de vie d'un programme, qu'un investissement continu soit nécessaire.”

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