Actualisation du lundi 18 janvier : Le gouvernement écarte la piste du déstockage. Lundi 18 janvier, le ministère de la Transition écologique a annoncé le confinement du site Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin) où sont entreposés des déchets dangereux. “Tous les scénarios de déstockage étudiés exposent les travailleurs à des risques professionnels élevés”, justifie l’exécutif en ajoutant que le bénéfice environnemental d’un déstockage n’était pas démontré. L’État a également promis une enveloppe de 50 millions d’euros sur cinq ans pour protéger la nappe phréatique d’Alsace des risques de pollution.
C'est une première. Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, est descendue, mardi 5 janvier, dans les galeries de Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin). Le devenir de cette ancienne mine de potasse, transformée à la fin des années 1990 en un site de stockage souterrain de déchets ultimes dangereux, et dans laquelle près de 40 000 tonnes de déchets (arsenic, amiante, chrome…) sont stockées à 550 mètres sous terre, dans du sel gemme, est en jeu depuis un incendie en 2002.
Une décision de la ministre est attendue d'ici à la fin du mois. Barbara Pompili a, toutefois, indiqué être plutôt favorable à leur confinement définitif. « Il n'y a pas photo vu de Paris. Au sortir de cette mine, je n'ai pas vu beaucoup d'arguments qui m'inciteraient à déstocker. Mais je n'ai pas encore échangé avec les élus et les citoyens », a-t-elle précisé. L'évacuation du plus grand nombre possible de rebuts (de 15 à 25 %) d'ici à 2025, date limite de faisabilité technique, est l'autre option sur la table.
Réversibilité promise
La réversibilité du stockage avait pourtant été promise pour ce site, initialement autorisé pour trente ans. Il cumule les difficultés depuis l'incendie de 2002. Les galeries sont fragiles, s'affaissent et se rétrécissent de plusieurs centimètres par an, mettant les colis de déchets toxiques sous pression. Le tout sous la plus grande nappe phréatique d'Europe. Les études se sont succédé depuis quinze ans pour décider de son avenir. Des associations, des anciens mineurs, des élus locaux de tout bord et certains experts se font les partisans d'un déstockage total pour protéger la nappe de tout risque de remontée des eaux de saumure.
L'entreprise Stocamine - dont l'État est le seul actionnaire - et d'autres experts jugent les risques pour les mineurs trop importants et privilégient un stockage définitif et sécurisé. L'État est allé en ce sens en 2012 puis en 2017. Jusqu'à ce qu'en 2019, le ministre de l'Écologie François de Rugy annonce une nouvelle étude. Quelque 93 % des déchets mercuriels, jugés les plus dangereux pour la nappe phréatique qui surplombe la mine, ont entretemps été retirés entre 2015 et 2017 et restockés en Allemagne.
Cette étude est maintenant dans les mains de Barbara Pompili pour l'aider à décider du sort des déchets. Les six scénarios vont du confinement définitif au déstockage de tous les colis encore accessibles, avec pour chacun une prise en compte des risques environnementaux et des coûts afférant.
Le confinement définitif jugé "plus sûr"
Avant sa visite sur le site, la ministre avait déjà livré ses observations au quotidien les Dernières nouvelles d'Alsace : « La solution la plus sûre pour l’environnement comme pour les travailleurs est l’option où l’on ne retire plus de déchets et où l’on confine dans des conditions optimisées. [Ma] décision sera guidée par deux critères principaux : protéger la nappe phréatique d’Alsace et les personnes qui vont devoir mener les opérations au fond de la mine. »
Le site de Stocamine est unique en son genre en France. Il est le seul à avoir jamais accueilli de tels déchets dans l'Hexagone.



