Le programme Eurodrone vise à équiper les pays européens d’un drone armé capable de voler de longues heures en moyenne altitude... Et peut enfin aller de l’avant. L’Allemagne, la France et l’Italie attendaient que l’Espagne s’engage financièrement. C'est chose faite depuis le 25 janvier. Madrid s’est engagé à verser 1,75 milliard d’euros, ce qui correspond à 23% de participation dans le programme européen.
La décision a été prise à l’occasion d’un Conseil des ministres du gouvernement espagnol. « Le Conseil des ministres a approuvé un accord autorisant l'acquisition d'engagements de dépenses imputés aux années futures, tel qu'établi à l'article 47 de la loi budgétaire générale, afin que le ministère de la Défense puisse effectuer le développement, la production et le soutien à l'entrée en service, ainsi que le soutien logistique du programme Euromale RPAS », indique le compte-rendu publié par les autorités espagnoles.
7 000 emplois en Europe
Dans la foulée de cette annonce, Michael Schoellhorn, le PDG d’Airbus Defence & Space, maître-d’oeuvre industriel du programme, s’est félicité via son compte Twitter de cette avancée. « Bonne nouvelle d’Espagne ! (…) Cela ouvre le chemin pour une signature de contrat pour ce programme collaboratif clé qui renforce la souveraineté et l’autonomie stratégie de l’Europe ». Selon l’industriel, le programme pourrait générer de l’activité pour l’équivalent de 7 000 emplois hautement qualifiés en Europe.

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L’Euromale est en effet un des nouveaux enjeux de souveraineté pour l’Europe de la Défense. Aujourd’hui, l’Allemagne, la France et l’Italie et l’Espagne envisagent d’acquérir une vingtaine de systèmes de drones. Selon le ministère français des Armées, un système Eurodrone (soit un ensemble de 3 drones et 2 stations de pilotage sol) coûterait environ 160 millions d'euros.
Premier vol en 2026
En l’absence d’offre européenne, les pays européens se fournissent aujourd’hui auprès de la société américaine General Atomics, fabricant du Reaper. Si les armées sur le terrain sont satisfaites des performances de l’appareil, c’est moins le cas pour leurs agences étatiques. Ainsi la Direction générale de l'armement (DGA) française s’est plainte du manque d’informations techniques fournies notamment lors des évolutions du matériel.
Désormais, les industriels présents sur ce programme attendent fermement les premières commandes. Ils ont appris à être patients : le lancement des premières études de définition de l’appareil remontent à… 2015. Airbus DS s’appuie sur différents partenaires dont l’italien Leonardo et le français Dassault Aviation. Le choix du motoriste n’a pas encore été rendu public. Deux candidats sont en lice, l’italien Avio (filiale du groupe américain GE) et Safran Helicopter Engines.
La DGA a tenu à rappeler que les moteurs ne devraient pas soumis à la réglementation américaine Itar, qui permet aux Etats-Unis d’imposer un veto sur leurs exportations s’ils embarquent des composants de technologie nord-américaine. Selon le calendrier initial, le premier vol de l’appareil est prévu en 2026 et les premières livraisons devraient intervenir en 2029.



