Placée en redressement judiciaire en mars 2024 la société Diva salon a réuni un comité social et économique (CSE) extraordinaire, le 10 septembre, sur son site de Le Coteau, dans le nord de la Loire. Au terme de ce rendez-vous, le président-directeur général de ce fabricant français de canapés, Gabriel Dahan, a révélé que «les marques d’intérêt (des groupes Parisot de Saint-Loup-sur-Semouse, en Haute-Saône, et Ligne-Roset, de Briord, dans l’Ain, NDR) ne se sont pas concrétisées. La prochaine échéance auprès du tribunal va donner lieu à une décision de mise en liquidation judiciaire de la société».
Des salariés avec plus de 40 ans d’ancienneté
L’appel lancé début juillet par Diva salon à d’éventuels repreneurs n’a abouti à aucune offre à la date limite initialement fixée au 9 septembre puis reportée au 25 septembre. Ce jour-là, l’entreprise ligérienne était convoquée à une audience du tribunal de commerce de Lyon pour statuer sur son avenir. Les 104 derniers salariés de l’un des derniers fabricants français de canapés, spécialiste du convertible qui a compté plus de 700 employés au début des années 1980, ne se faisaient aucune illusion. La liquidation judiciaire a bel et bien été prononcée.
«Demain, on continuera à acheter des canapés mais ils ne seront pas français», a déploré Yannick Michaud. Le délégué syndical CGT de l’entreprise et secrétaire du CSE estime que les clients «n’ont pas joué le jeu» et que l’État «n’a pas su protéger un des derniers fabricants de canapés tricolore. C’est tout un savoir-faire qui va disparaître.»
Le groupe propriétaire lui aussi en difficulté
La maire du Coteau, Sandra Creuzet-Taite, a interpellé le nouveau Premier ministre sur ce dossier. Lors d’une visite de l'entreprise en octobre 2021, Michel Barnier, alors candidat à l’investiture Les Républicains pour l’élection présidentielle de 2022, avait plaidé pour «qu’on ne laisse pas partir des pans entiers de l’industrie». Gabriel Dahan avance le chiffre de 12 millions d’euros investis par le groupe propriétaire, Market maker, sur le site costellois avec un effectif de salariés doublé et l’ouverture d’un centre de formation, en 2021, pour attirer les jeunes vers le secteur de l’ameublement.
Diva salon est l’héritière de l’entreprise belge Bekaert qui, souhaitant diversifier ses activités, s’était installée sur 11 hectares le long de la voie ferrée Roanne/Lyon, à la fin des années 60. L’usine Beka France employait alors 300 ouvriers à la fabrication de sièges en métal. Elle était ensuite devenue Diva-France, leader du canapé convertible, à la fin des années 80, puis Diva salon avant la reprise, en octobre 2020, par Market maker, à la barre du tribunal de commerce de Paris. Le groupe de Dardilly, près de Lyon (Rhône), est lui placé sous procédure de sauvegarde depuis mars dernier.



