Carlo Erba Reagents, un fabricant de réactifs et produits chimiques appartenant au groupe italien Dasit, a inauguré mi-juin une plateforme logistique à Heudebouville (Eure). Le bâtiment de 8 500 m² comprend 12 000 emplacements pour palettes, dont 4 500 pour produits inflammables et 1 000 m3 de stockages en vrac. Ce centre, qui emploie 60 salariés et a nécessité 12,5 millions d'euros d'investissements, expédie 2 500 colis par jour.
«Jusqu’à présent, nos usines de Val-de-Reuil (Eure) et de Peypin (Bouches-du-Rhône) avaient leur propre logistique. Toutes les expéditions sont désormais centralisées à Heudebouville», précise à l’Usine Nouvelle Franck Cornette, directeur général de Carlo Erba Reagents France, qui réalise 56 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 250 salariés. «La plateforme reçoit les produits finis et les expédie vers nos clients du monde entier en Europe, Afrique, Asie et Amérique du Sud», ajoute-t-il.
Alors que certains groupes optent pour l’externalisation de leur logistique, Carlo Erba Reagents a choisi au contraire de garder la main sur celle-ci. «Nous expédions des produits soumis à réglementations et qui peuvent entrer dans la composition des médicaments, nous ne voulons prendre aucun risque en faisant appel à un prestataire extérieur», explique Franck Cornette.
Projets de décarbonation
Classée Seveso (seuil bas), la plateforme est équipée de systèmes de détection d’incendie et d’émission de gaz. En cas d’incendie, l’industriel a prévu un système de sprinklage «individualisé» pour chaque emplacement de palette. «12 000 têtes de sprinklage sont prêtes à arroser l’endroit précis où pourrait se déclarer un incident», assure le directeur général.
Ce centre logistique se trouve à dix kilomètres de l’usine Carlo Erba Reagents de Val-de-Reuil qui abrite aussi le siège social de la filiale et emploie 120 salariés. Celle-ci fabrique des solvants (éthanol, méthanol, acétonitrile…), des produits corrosifs (acides, bases), de l’eau de qualité pharmaceutique et des poudres servant de bases pour des excipients. La moitié de la production est destinée à l’industrie pharmaceutique, le reste aux universités et centres de recherche (pour des activités de laboratoire) et au secteur industriel, dont agroalimentaire.
Le chimiste annonce par ailleurs vouloir réduire son empreinte carbone de 30% d’ici 2025 sur ses sites de Val-de-Reuil et d’Heudebouville. Pour atteindre cet objectif, il prévoit d’arrêter le chauffage au gaz, d’installer des panneaux photovoltaïques sur les toitures et de recourir à la vapeur générée par la future unité de recyclage de déchets qui va être construite par Veolia à Val-de-Reuil.



