Créée en 2014, la start-up EasyMile est spécialisée dans les solutions autonomes à destination du transport de marchandises et de passagers, aussi bien dans le remorquage de bagages et la manutention industrielle que les transports publics. L'entreprise a été placée en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse (Haute-Garonne) le 25 juillet dernier.
Implantée à Toulouse, l’entreprise est une figure de proue de la dynamique régionale en termes de mobilité du futur, avec des navettes autonomes déployées dans plus de 400 sites dans le monde. La direction, «affectée par les conditions de financement auxquelles nous devons nous adapter», se dit «optimiste». «Nous considérons ce redressement judiciaire comme un outil, indique-t-elle à L’Usine Nouvelle. Nous élaborons déjà un plan de continuation avec le soutien de nos actionnaires existants.» Parmi eux, Alstom et Continental, qui sont également des partenaires techniques, mais aussi Bpifrance, Searchlight Capital, McWin et NextStage AM. L’entreprise avait levé 55 millions d’euros en 2021, après en avoir levé 34 millions entre 2017 et 2018.
Faire le pivot vers la logistique
À Toulouse, EasyMile avait expérimenté la circulation de sa navette autonome 100% électrique et sans opérateur pour le transport de voyageurs sur le campus de l’Université Paul Sabatier en 2023, ainsi qu’à l’Oncopole, en 2022. L’entreprise souhaite se tourner encore davantage vers la logistique pour répondre à des «marchés croissants et sérieux», a lancé en juin dernier une entreprise commune avec TLD, baptisée TractEasy, dédiée à la commercialisation de son tracteur autonome EZTow. «Nos clients industriels et aéroportuaires ont des objectifs d’automatisation très concrets, dont notre solution EZTow fait partie», relève la direction.
Un tel véhicule est par exemple utilisé en trois shifts à l’usine du groupe BMW à Dingolfing (Allemagne), un autre à l’usine de Daimler Truck AG (Allemagne), tandis qu’un nouveau déploiement a lieu en Roumanie avec Bosch. L’entreprise a également le statut de «fournisseur mondial avec John Deere, ainsi que d’autres grandes entreprises industrielles en Europe et aux États-Unis», précise la direction. Les véhicules autonomes d’EasyMile sont aussi utilisés dans plusieurs aéroports : celui de Changi à Singapour, de Narita au Japon, un nouveau service opère à Greenville-Spartanurg (États-Unis), et d’autres véhicules sont «déjà déployés ou en cours de déploiement, notamment en Europe et aux États-Unis».
La direction estime que la procédure en cours, est une «restructuration, qui implique toutes les parties prenantes, est une étape nécessaire pour garantir notre pérennité et notre réussite à long terme». EasyMile a réalisé en 2022 un chiffre d’affaires de 10,9 millions d’euros et compte un effectif de 250 salariés, qui sont basés à Toulouse et à Singapour. En 2022, elle avait fait part d’une perte de 27 millions d’euros.



