Le spécialiste francilien des nacelles élévatrices Klubb et le carrossier japonais Yano sont les nouveaux propriétaires de Titan Aero Group, la société qui succède à Titan Aviation, dont le siège social est à Arnas (Rhône). Désignés par le tribunal de commerce de Villefranche-sur-Saône (Rhône), les repreneurs conservent tout l'effectif, soit 180 personnes, et trois usines, deux en France près de Lyon et à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), et une en Inde, qui produisent des camions avitailleurs pour les avions civils et militaires.
«Nous avons l'ambition de faire de Titan un leader européen, tout en l'ouvrant au grand export», dit Julien Bourrellis, président de Klubb, une ETI de 650 salariés et 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, désormais détentrice de 60% de Titan.
Une vingtaine de postes ouverts
Le duo de repreneurs mobilise 5 millions d'euros pour le rachat des actifs : 2 pour Yano et 3 pour Klubb, soutenu par son actionnaire minoritaire le fonds d'investissement français Andera Partners. Le jugement rendu début octobre éteint toutes les autres créances, notamment le PGE de 8,5 millions d'euros contracté par Titan, dont il restait environ 5 millions d'euros à rembourser.
Etranglé par le remboursement de ce PGE alors que le trafic aérien ne redécollait pas, cette PME familiale avait dû se placer en redressement judiciaire en début d'année.
Klubb Les nacelles sur porteurs de l'entreprise Klubb sont fabriquées, en France, sur les site de Ferrières-en-Brie et Croissy-Beaubourg (Seine-et-Marne) et à Charleville-Mézières (Ardennes). © Klubb
«Les investissements repartent dans les compagnies aériennes et les aéroports. Notre gamme de camions hybrides et électriques, pour laquelle nous avions beaucoup investi en R&D avant la crise, nous ouvre de belles perspectives», commente Laurent Pourprix, qui conserve la direction générale de Titan.
Cet industriel des équipements aéroportuaires, ou GSE (Ground support equipment), avait vu son chiffre d'affaires tomber sous la barre des 15 millions d’euros en 2022. 10 mois plus tard, il dispose d'un carnet de commandes de 20 millions d'euros. Durant cette période de turbulences, une vingtaine de salariés ont quitté l'entreprise. «Nous reprenons les recrutements dans tous les services, au bureau d'études, en chaudronnerie, en mécanique, en électricité», liste Laurent Pourprix. Prêt pour un nouveau départ.



