Acteur mondial de la conception et de la distribution de répliques d'armes factices destinées aux amateurs de jeux vidéo, de tir sportif ou de plein air et aux collectionneurs, Cybergun, dont le siège social se situe à Suresnes (Hauts-de-Seine), a remporté l'appel d'offres lancé par la société Verney-Carron. Placé à sa demande en procédure de sauvegarde en septembre 2021, le plus ancien manufacturier d’armes français, créé en 1820 et basé à Saint-Etienne (Loire), a choisi d'ouvrir son capital et a retenu le groupe des Hauts-de-Seine parmi trois offres fermes.
Le rapprochement entre les deux sociétés devrait être acté la semaine prochaine devant le tribunal de commerce de Saint-Etienne. Sa finalisation sera soumise à l’accord des banques créancières, via un plan de renégociation de la dette bancaire de la dernière armurerie industrielle à capitaux français.
«Redonner à la France sa souveraineté sur les armes de petit calibre»
« Notre plan de reprise et de relance de l'activité de Verney-Carron s'articule autour de deux axes », commente Hugo Brugière, PDG de Cybergun (47 millions de chiffre d'affaires en 2021, 350 collaborateurs), société qu'il a rachetée en 2015. « Nous souhaitons investir très rapidement, d'ici un ou deux ans, 20millions d'euros: 8millions d’euros dans la division chasse et 12millions d’euros dans la division militaire (qui produit et distribue notamment le flash-ball). L'objectif est de doubler la capacité de production de l'une, établie à 10000 armes aujourd'hui, et d'atteindre une production de 50000 fusils d'assaut, 20000 armes de précision et 50000 armes de poing pour l'autre; le tout en doublant un effectif d'environ 70personnes à ce jour, toutes conservées. L'ambition est de redonner à la France sa souveraineté sur les armes de petit calibre », précise le repreneur.
Hugo Brugière ne cache pas qu'un projet de relocalisation du site actuel de production, inadapté, est très sérieusement envisagé. Le futur PDG d'une entité qui deviendrait le premier acteur français des armes de petits calibres souhaite « rester à Saint-Etienne, berceau historique de la production française d'armes. Il nous faut profiter de ce bassin d'emploi hautement qualifié », ajoute le dirigeant qui entend conserver à ses côtés les deux dirigeants actuels, représentant la sixième génération de la famille fondatrice, Jean et Guillaume Verney-Carron.



