Placée en redressement judiciaire depuis le 6 juillet et plombée par plus de 45 millions d’euros de dettes, l’entreprise Lucien Georgelin, basée à Virazeil (Lot-et-Garonne) garde bon espoir d’éviter la liquidation. C’est ce qu’a confié à L’Usine Nouvelle Lucien Georgelin lui-même, qui à 76 ans reste à la tête du numéro deux de la confiture en France, derrière Andros. «Cette situation est due à une série de facteurs très différents», commence le dirigeant.
«D’abord, nous avons fait d’importants investissements, notamment dans des lignes de production qui nous permettent d’être aux normes, de proposer des produits innovants et de plus gros volumes. Le bâtiment nous a coûté 4,7millions d’euros, financés sur nos fonds propres. Et puis la période Covid a perturbé l’entreprise. Quand il manque 4 à 10personnes sur les 25 d’une ligne de production, tout est décalé. S’ajoute à cela un problème informatique qui a duré cinq ans, et qui nous a empêchés de gérer aussi efficacement qu’on l’aurait voulu nos stocks et nos commandes», pointe le dirigeant. Lequel met surtout en avant la hausse considérable des matières premières. «Prenez le sucre, il a connu une augmentation de 100%! Or, il représente un tiers d’un pot de confiture. Le verre, lui aussi, a subi une hausse de 50%. Nous avons également eu un problème d’approvisionnement ; les pots ont manqué, et nous ne livrions parfois que 70% des commandes à cause de cela. En somme, de nombreux phénomènes expliquent les difficultés que nous connaissons aujourd’hui», assure Lucien Georgelin.
«10 à 20 embauches prévues»
En 2022, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros, pour un résultat négatif de 4 millions d’euros et donc un endettement cumulé de 45 millions d’euros. «On me reproche d’avoir trop investi, notamment pour moderniser les moyens de production. Mais il le fallait, pour absorber les commandes supplémentaires. L’entreprise a connu 10 à 20% de hausse chaque année ces derniers temps. C’est d’ailleurs ce qui nous rend optimistes: nous sommes en capacité d’honorer les commandes que nous recevons en grand nombre. Car la grande distribution, notamment, nous maintient toute sa confiance.»
Lucien Georgelin l’assure : le chiffre d’affaires va être en progression en cette année 2023. «Ce qui nous manque, aujourd’hui, c’est la trésorerie, pas les perspectives», résume le dirigeant. Celui-ci avance qu’aucun des 350 emplois n’est menacé, et même que «10 à 20 embauches» sont prévues dans les mois à venir pour répondre aux besoins croissants de production.



