Le Cetim et Lisi Aerospace vont développer un système de mesure ultrasonore de tensions de serrage à vocation industrielle

Démocratiser les ultrasons dans la mesure industrielle de serrage, voilà l'objectif de la collaboration annoncée le 18 juin entre le Cetim et la spécialiste des fixations et assemblages Lisi Aerospace. Les deux partenaires comptent mettre sur le marché en 2027 un système de mesure par ultrasons des tensions de serrages d’assemblages vissés, à destination des industriels. La technologie à ultrasons est aujourd’hui réputée trop coûteuse et complexe pour un déploiement à grande échelle.

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La collaboration entre le Cetim et Lisi Aerospace a été signée le 18 juin au salon du Bourget. De gauche à droite : Yannick Morvan (Directeur qualité et R&T - Lisi Aerospace), Daniel Richet (Directeur général - Cetim), Benoit Regnard (Directeur R&D Fasteners Lisi Aerospace), Christophe Delcher (Expert assemblage mécanique - Cetim), Emmanuel Neildez (Directeur général Lisi Aerospace)

À l’occasion du Salon du Bourget, le centre technique des industries mécaniques (Cetim) et Lisi Aerospace, entreprise française de fixation et d’assemblage dans les secteurs automobile et aérospatial, ont annoncé la signature d’un contrat de collaboration le 18 juin. Baptisé Digifast, celui-ci vise à prototyper (TRL 6) d’ici à 2027 un système innovant et industrialisable de mesure de tensions de serrage.

« L’objectif est que cet appareil apporte une réponse à tous les secteurs mécaniciens »

« Lisi Aerospace va se charger du développement du produit, de son hardware et de son interface avec comme but de mettre ce produit sur le marché dans 2 ans », explique Christophe Delcher, expert assemblage mécanique du Cetim. « Nous, en tant que centre technique, nous nous chargeons d’accompagner Lisi Aerospace pour transformer ce qui est aujourd’hui un prototype en un produit industriel ». Depuis 2022, Lisi planche en effet sur la conception d’un capteur ultrasonore et a déjà bénéficié de l’expertise du Cetim et du CEA. Cette nouvelle collaboration va permettre au Cetim de développer de nouveaux démonstrateurs, et ainsi, faire évoluer le prototype pour qu’il puisse répondre aux multiples exigences des secteurs industriels intéressés. « L’objectif est aussi que cet appareil apporte une réponse à tous les secteurs mécaniciens. Il n’y a pas que l’aéronautique : le transport ferroviaire, l’automobile, le secteur de l’énergie ; tous les secteurs faisant face à une criticité dans les structures et assemblages mécaniques ».

La technique de mesure ultrasonore de tensions d’un point de fixation repose sur la loi physique de Hooke : une vis subissant un effort (lorsqu’on la serre) va subir un allongement, même léger. Pour déterminer l’amplitude de l’allongement, et donc la tension imposée à la vis, une onde ultrasonore est envoyée et son écho est mesuré. « Cela permet de mesurer directement l’image de l’effort », explique Christophe Delcher. Si l’utilisation des ultrasons pour évaluer la tension de serrage est une technique très répandue, celle-ci est aujourd’hui difficilement industrialisable, d’après Christophe Delcher. « La problématique avec les appareils ultrasonores actuellement sur le marché, c’est que ce sont des appareils plutôt « typés » laboratoires, très pointus mais peu utilisables à grande échelle dans un contexte industriel. Ça peut fonctionner si un industriel veut faire de la R&D ou des contrôles ponctuels. Moins pour des contrôles de serrage d’assemblage en production, comme un moteur d’avion, composé de plusieurs milliers de points de fixation ».

trois démonstrateurs d'ici à 2027

Le Cetim et Lisi Aerospace vont désormais travailler à rendre cette technologie plus accessible, autant en termes de coût que d’utilisation, pour en permettre un usage démocratisé à l’échelle industrielle. Le traitement de signal fréquentiel, et non temporel, permettrait par exemple de réduire le nombre de manipulations à effectuer, d’après Christophe Delcher.

D’ici à 2027, le Cetim et Lisi Aerospace ont pour ambition de mettre au point trois niveaux de démonstrateur : un premier, de laboratoire, puis deux autres plus représentatifs d’applications industrielles. « Le dernier démonstrateur portera sur une pièce de structure industrielle. On envisage d’autres partenariats pour que le démonstrateur traite éventuellement un assemblage présent aujourd’hui chez un industriel. Si ce n’est pas le cas, ça sera une copie très proche », imagine Christophe Delcher.

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