Le cartel du vin dans le viseur de l'autorité de la Concurrence

L'autorité de la Concurrence a lancé une enquête sur une entente des prix entre les producteurs de vins et spiritueux: Marie Brizard et la Copagef, propriétaire des frères Castel. Décryptage avec un avocat spécialisé.

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L'autorité de la Concurrence soupçonne une entente sur les prix entre les producteurs de vins.

Après le cartel du jambon et celui de la compote, c'est au tour des producteurs de vins et spiritueux d'être dans le viseur de l'autorité de la Concurrence. Selon une information publiée par Les Echos, l'institution mènerait en effet une enquête sur une entente des prix entre plusieurs acteurs du secteur: Marie Brizard et la Copagef, propriétaire notamment de la marque Frères Castel. L'information a été confirmée par Marie Brizard qui rappelle à l'Usine Nouvelle avoir communiqué sur cette enquête dès avril 2019. 

Entente sur les prix avec Castel Frères

L'autorité de la concurrence soupçonne les deux groupes de s'être entendus, entre 2015 et 2017, sur les prix des boissons aromatisées au vin "VeRy Ramp" pour le groupe Castel, "Fruits and Wine" pour Marie Brizard.

Cette coordination sur les tarifs aurait eu lieu via un cadre dirigeant de la Copagef également membre du conseil d'administration de Marie Brizard. Car, rappellent Les Echos, en 2015 la maison mère de Castel Frère a pris 20% du capital du producteur de spiritueux bordelais. Pour Luc-Marie Augagneur, associé au sein du cabinet Cornet Vincent Ségurel, cette situation est l'un des risques majeurs lorsque deux entités s'associent pour constituer une société commune: "Il est alors important de mettre en place des mesures dîtes d'étanchéité, telles que des "clean team" ou des engagements de confidentialité pour éviter le partage d'information".

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Si l'autorité de la Concurrence démontre que Marie Brizard et la Copagef se sont entendus sur les prix, l'amende pourrait alors s'élever à 10% du chiffre d'affaires annuel des entreprises.

Partage des marchés du rhum et des whisky

L'autorité de la Concurrence s'interroge également sur une entente entre Marie Brizard et un autre de ses concurrents: Compagnie financière européenne de prises de participation (Cofepp).

Cette dernière, qui possède des spiritueux comme le pastis Duval, le rhum Old Nick ou encore le porto Porto Cruz, a depuis pris le contrôle de Marie Brizard. Mais avant cette opération, l'Autorité de la concurrence soupçonne les deux entreprises de s'être réparties le marché du whisky et du rhum en vue de l'acquisition de Marie Brizard par la Cofepp. "Chaque opération de prise de contrôle est soumise à l'autorité de l'autorité de la Concurrence. Cette dernière exerce un contrôle a priori pour éviter les pratiques anti-concurrentielles", rappelle Luc-Maris Augagneur. 

Si l'autorité de la Concurrence prouve que la projet de rachat était opérationnel avant même son accord, les deux entreprises encourraient également une amende pouvant aller jusqu'à 10% de leur chiffre d'affaires annuel.

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