Rien ne va plus chez Landa Digital Printing, l’inventeur de la nanographie, une technologie d’impression numérique qui avait fait grand bruit, en 2012, à Düsseldorf (Allemagne), à la Drupa, le salon mondial de l’impression et des arts graphiques. L’entreprise fondée par Benny Landa et basée à Rehovot, en Israël, aurait demandé au tribunal de bénéficier d’une procédure de sauvegarde pour échapper temporairement aux créanciers. Plusieurs sources spécialisées font état d’une dette de 516 millions de dollars alors que ses actifs, hors brevets, s’élèveraient à 127 millions de dollars. L’attentisme des clients vis-à-vis de la nanographie, ses coûts aussi, mais surtout la guerre en cours à Gaza et les problèmes logistiques liés aux approvisionnements en composants et à la livraison des machines sont quelques-unes des raisons qui auraient entraîné un ralentissement des ventes au cours des derniers mois et précipité la situation.
Licenciements
Les actionnaires, qui ont financé la société pendant des années, auraient récemment informé la direction qu’ils allaient cesser immédiatement leur soutien. En conséquence, l’entreprise se retrouve en panne de trésorerie. Pour rappel, Landa Digital Printing a déjà procédé à une réduction de ses effectifs de 20% il y a quelques semaines afin de réduire ses coûts opérationnels. Selon la presse technologique israélienne, l’entreprise aurait licencié la moitié de son personnel restant. Il ne resterait donc plus que 200 personnes.
Il est vrai que la situation économique n’est guère encourageante en Israël à cause des deux conflits en cours, ce qui pénalise beaucoup de constructeurs de la « tech ». Le 28 mars dernier, un autre pionnier du secteur de l’emballage, le constructeur de machines de découpe numérique Highcon, a demandé lui aussi à bénéficier du régime de protection de la loi sur les faillites.
Landa Digital Printing appartient à hauteur de 54% de son capital à son fondateur Benny Landa, et, pour les 46% restants, à l’Allemande Susanne Klatten, propriétaire du groupe Altana, à qui Landa avait vendu son activité de métallographie numérique en 2017. Une cinquantaine de presses Landa ont été installées dans le monde, dont trois en France d’après nos informations.
Trois solutions
Face à cette situation, trois possibilités se profilent. Soit la société trouve rapidement un nouvel investisseur, soit elle se fait racheter par un autre groupe, soit elle ferme ses portes. Il semble difficile, compte tenu de la conjoncture, que l’un de ses concurrents directs, à l’image d’HP Indigo, se positionne pour un rachat. En revanche, un grand groupe de l’impression numérique, tel que Agfa, Fujifilm ou Canon, voire un spécialiste de l’impression conventionnelle, à l’image de Heidelberg ou de Koenig & Bauer, pourrait y voir un intérêt. Notamment en regard de l’activité de Landa dans le secteur de l’emballage, un marché que les grands ténors de l’impression regardent toujours plus. À moins que Benny Landa, fantasque patron de la tech israélienne, réussisse un énième miracle.



