SiPearl. Le nom n’est pas sexy. Mais il incarne désormais le rêve européen d’indépendance dans les microprocesseurs. Née en juin 2019, cette société a la mission de développer les puces des supercalculateurs exaflogiques, enjeu d’une course effrénée entre les grandes puissances, mais aussi d’autres applications de souveraineté comme les voitures connectées ou l’edge computing.
Première puce en 2021-2022
" Ça y est, nous franchissons enfin le pas, confie à L’Usine Nouvelle Philippe Notton, ancien vice-président d’Atos et directeur général du consortium européen de processeur européen EPI, désormais patron de la nouvelle société. La Chine et le Japon disposent déjà de leurs propres processeurs pour supercalculateurs. Dans un contexte de guerre commerciale et technologique, l’Europe doit, elle aussi, assurer, son indépendance. "
Lancée en décembre 2018, le consortium EPI, piloté par Atos, a déjà préparé le terrain. La création de SiPearl s’inscrit dans cette initiative. "Nous ne partons pas de zéro, souligne Philippe Notton. Nous bénéficions des travaux déjà menée au sein d’EPI et nous allons nous appuyer sur les 200 ingénieurs du consortium pour avancer très vite. Nous voulons sortir notre microprocesseur en 2021-2022 de façon à ce qu’il puisse motoriser les premiers supercalculateurs exaflopiques européens, comme ceux prévus par l’initiative EuroHPC. " La première puce sera fabriquée chez le fondeur taïwanais de semi-conducteurs TSMC en technologie de 6 nanomètres.

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De 10 personnes en mars 2020, la start-up devrait compter 200 personnes dans deux ans et 3 000 dans 10 ans, selon le patron de la start-up. Elle est en train de boucler sa première levée de fonds. Philippe Notton reste discret sur le montant. Mais l’opération devrait s'élever à plusieurs dizaines de millions d’euros. "Notre projet est ambitieux et, dans ce domaine, les coûts de développement sont très élevés ", se contente-t-il d’indiquer. Cette levée de fonds déterminera l’actionnariat de la société.
Marché au delà d'Atos
Le choix de la plateforme technologique n’est pas figé. La première génération s’appuiera sur la technologie d’ARM, une société britannique détenue depuis septembre 2016 par le géant japonais de l’internet Softbank. C’est sur cette technologie que le Japon a construit son microprocesseur. Elle offre l’avantage de réduire la consommation et le coût par rapport aux processeurs à architecture X86 d’Intel et d’AMD qui motorisent la grande majorité des supercalculateurs vendus dans le monde. Mais Philippe Notton n’exclut pas d’avancer vers une technologie propriétaire.
Le projet est-il viable ? "J'en suis convaincu, répond le patron de SiPearl. Nous avons affaire à un microprocesseur haut de gamme très cher. Un supercalculateur exaflopique peut en combiner des centaines de milliers d’exemplaires. Nous comptons en plus décliner la puce pour d’autres applications de souveraineté comme la voiture ou l’edge computing. Le marché est important. "
Atos, seul constructeur européen de supercalculateurs, sera le client naturel mais pas le seul. " Notre puce pourra intéresser également les constructeurs américains qui veulent servir des marchés de souveraineté en Europe ", précise Philippe Notton.
Les détails du projet seront explicités lors d’une conférence de presse à Paris prévue le 11 février 2020.



