Lancement de la vaccination des adolescents en France avec Pfizer/BioNTech

La Haute Autorité de Santé (HAS) avait confirmé un avis favorable pour ouvrir la vaccination avec le vaccin Pfizer/BioNTech à tous les enfants de 12 à 15 ans en France. A partir de mardi 15 juin, toutes les personnes d'au moins 12 ans peuvent ainsi être éligibles à la vaccination avec ce produit.

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Vaccination vaccin adolescent enfant
Les adolescents de 12 à 15 ans, et jusqu'à 18 ans en France, peuvent recevoir le vaccin Pfizer/BioNTech, selon la Haute Autorité de Santé (HAS).

L’avis de l’Agence européenne du médicament (EMA) est donc suivi par la Haute Autorité de Santé (HAS) qui recommande à son tour le vaccin anti-Covid de Pfizer/BioNTech pour les enfants de 12 à 15 ans. C’est ce qu’a confirmé la HAS le 3 juin, quelques heures après des annonces d’Emmanuel Macron, le président de la République, évoquant une ouverture à la vaccination des adolescents à la mi-juin.

Sur ce sujet, la HAS préconise toutefois de donner une "priorité aux adolescents avec des co-morbidités ou qui vivent dans l’entourage d’une personne immuno-déprimée ou vulnérable", a précisé Dominique Le Guludec, présidente de la HAS.

3,5 millions d'adolescents

En France, ce nouvel élargissement à la vaccination à partir du 15 juin va ajouter 3,5 millions de personnes environ à la population éligible, avec un schéma à deux doses dans un intervalle de trois à six semaines. Ce qui ne devrait pas poser, selon la HAS, de difficultés pour la disponibilité en doses suffisantes en France. Pour la catégorie des 16-18 ans, la vaccination est actuellement ouverte en France avec ce vaccin Pfizer/BioNTech pour les sujets avec des facteurs de co-morbidités, mais devrait être élargie à tous les 16-18 ans, comme pour la vaccination des 12-15 ans, et ce dès la mi-juin.

Bénéfice collectif

L’enjeu de cette vaccination est très lié à un bénéfice collectif, pour réduire la circulation du virus, en particulier dans "un contexte de circulation de nouveaux variants, beaucoup plus contagieux" et pour "éviter de devoir remettre en place, à l’automne, des mesures contraignantes", indique Elisabeth Bouvet, présidente de la Commission technique des vaccinations de la HAS. Jusqu’à présent, la population des moins de 18 ans a prouvé être bien moins touchée que la population adulte par des formes graves. La HAS souligne ainsi que depuis mars 2020, soit depuis le début de l’épidémie en France, ont été dénombrées 4 000 hospitalisations et 700 admissions en soins intensifs de personnes de moins de 18 ans, soit un peu plus de 1% des hospitalisations et un peu moins de 1% des placements en réanimation.

L’enjeu est aussi, pour les adolescents de maintenir une vie sociale et une vie scolaire normales. "La rupture des interactions sociales et la rupture scolaire ont des effets délétères sur les adolescents. Les vacciner représente un bénéfice individuel évident sur le plan psychologique et social", ajoute Elisabeth Bouvet.

Trois regrets

Cette extension d’indication du vaccin Pfizer/BioNTech aux adolescents de 12 à 15 ans est recommandée par la HAS sur la base des résultats de l’essai clinique mené sur 2 000 adolescents, qui a convaincu aussi l’Agence européenne du médicament (EMA). La HAS émet toutefois trois regrets aujourd’hui. Premièrement, cette extension va exclure les adolescents qui vont entrer au collège, ce qui va engendrer une vaccination incomplète dès le collège. Deuxièmement, l’efficacité de ce vaccin sur la transmission virale pour les 12-15 ans n’a pas été évaluée. Les données disponibles, qui ne sont pas toutes concordantes, établissent dans l’ensemble que les adolescents seraient moins à risque de transmettre le virus que les adultes, mais que cette transmission n’est pas nulle. Enfin, l’efficacité du vaccin, pour les 12-15 ans, n’a pas été non plus évaluée face aux différents variants circulant aujourd’hui.

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