La fausse bonne idée ? En apparence, le gouvernement montre qu’il tire enfin les conséquences de l’affaire Nestlé Waters, et ces dispositifs de traitements illégaux de l’eau minérale déployés à grande échelle pendant des années. Franceinfo révèle ainsi le 25 mai une circulaire qui porte le sceau du ministère de la Santé : ce dernier appelle à des inspections de grande envergure sur les sites des minéraliers, puisque les 88 sites français devront avoir été visités sur la période 2022-2026.
Des ARS pas spécialistes des installations industrielles complexes
En première ligne de ces contrôles, le tandem préfectures - Agences régionales de santé (ARS). Ce sont ces dernières, une exception en matière de contrôle sanitaire dans l’agroalimentaire, qui sont chargées de la surveillance des sites des minéraliers. Problème, l’affaire Nestlé Waters révèle que ces autorités de contrôles ont été largement défaillantes. Ce qui laisse dubitatif sur l'efficacité de cette circulaire.
La capacité des agents des ARS, non spécialistes des usines agroalimentaires, à mettre en lumière des traitements illégaux dans des sites d’embouteillages est sérieusement questionnée. Ces sites, au moins pour les plus importants, comme ceux de Nestlé, sont présentés comme étant particulièrement complexes, avec des systèmes de tuyauterie courant sur des kilomètres. La meilleure illustration de cette complexité est que les traitements illégaux installés chez l’industriel Suisse, probablement depuis des dizaines d’années, n’ont jamais été détectés par les ARS. Au final, après les alertes, l’emplacement de ces traitements sera directement communiqué par les équipes de Nestlé aux autorités.
Des fraudes non détectées pendant des années
Autre illustration avec ce rapport de l’Igas, l’inspection générale des affaires sociales, consécutif à une première série de contrôles et d’inspections début 2022. Après que Nestlé a fait part de sa fraude aux autorités, les hauts fonctionnaires se rendent sur le terrain avec l’appui des ARS. Ils constatent que «les services de contrôle ne peuvent détecter lors des inspections les pratiques que les industriels souhaitent dissimuler. » Le Sénat, dans ses conclusions sur l’affaire remises le 19 mai, appelait d’ailleurs à ce que la DGCCRF, la répression des fraudes, plus coutumière des installations industrielles complexes, soit systématiquement associée aux inspections pour apporter son expertise. Il semble que cette recommandation ne trouve pas d’écho pour l’instant.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
L’autre incertitude qui entoure cette salve de contrôle est, elle, plus politique. Le Sénat a révélé qu’à Vergèze (Gard), où Nestlé exploite Perrier, un rapport de l’ARS a été modifié à la demande de l’industriel, qui a bénéficié du relai du préfet local dans sa quête. Un cas qui ne nous semble pas isolé, puisqu’une fonctionnaire en charge de la politique de l’eau dans un territoire où se situe un des trois champions de l’eau minérale en Hexagone, nous indiquait avoir déjà constaté que des agents chargés des inspections ont revu leur copie à la demande du préfet.
On prend les mêmes...
L’Unsa, première organisation syndicale au ministère de la Santé, s’est aussi étonnée que le directeur général de l’ARS Occitanie, autorité de tutelle de l’ARS Gard dont le rapport a été modifié, soit encore en poste, malgré son rôle dans la modification du rapport précité. Un constat que l’on pourrait étendre à l’appareil d’État, alors que le Sénat a mis en lumière un système de «dissimulation» à grande échelle.



