«Il faut arrêter de se plaindre des charges sociales en France : si l’on a de belles marques avec de bonnes propositions de valeur, on peut y produire sans problème», pose Jacques Trottier, président de Labeyrie Fine Food. L’entreprise française, présente au rayon foie gras, mais aussi côté poisson avec Delpierre ou encore apéro avec Blini, voit les choses en grand : au sortir d’un cycle inflationniste, qui a mis les volumes de ventes à rude épreuve, elle vise 30% de croissance d’ici à 2028 en dopant ses ventes. Ce qui la ferait passer de 290 à 400 millions de produits vendus.
7% de croissance sur l'exercice 2024/2025
Le chiffre d’affaires, 867 millions d’euros en juin 2024, année de référence à ce plan quinquennal, est attendu en hausse de 7% sur l’exercice qui sera clôturé dans quelques jours. De quoi partir sur une bonne lancée. L’entreprise a notamment profité d’un exercice sans grippe aviaire ce qui a permis de faire remonter ses volumes en foie gras (12% du chiffre d’affaires), d’une bonne tenue de ses ventes de saumon fumé pendant les fêtes et d’un bon accueil réservé à certaines innovations comme des plats préparés à base de poisson.
Pour les 110 millions de produits supplémentaires, la moitié de l’effort doit être fournie par les marchés où Labeyrie excelle déjà. Que ce soit le saumon, le foie gras, les produits d’apéritif… Un effort soutenu par des investissements industriels. L’ETI indique qu’elle va dépenser 120 millions d’euros dans ses 12 usines (9 en France) après avoir déjà investi 100 millions depuis 2020. Exemple avec le saumon : Jacques Trottier indique vouloir investir dans de nouveaux ateliers découpes, notamment à Saint-Geours de Maremne (Landes). «Nous avons besoins d’outils qui permettent de nouvelles découpes en plus des tranches classiques», détaille le dirigeant.
220 millions d'euros dans les usines
Labeyrie compte aussi prendre une place de choix sur des marchés où l’entreprise est moins présente comme la truite. «L’enjeu premier est de sécuriser nos approvisionnements, explique Jacques Trottier. Par ailleurs, nous avons investi en 2024 sur le site de Saint-Geours pour améliorer nos capacités de filage des truites.» L’entreprise espère aussi poursuivre son développement sur les produits de la gamme végétale, comme le houmous, qui sont appelés à peser 25% du chiffre d’affaires d’ici 2028, sept points de plus qu’en 2024. Un objectif qu’a souvent fixé l’entreprise dans son passé récent, sans réussir à l’atteindre pour l’instant.
Jacques Trottier se veut optimiste : «Nous sommes au bon endroit au bon moment. Nous avons fait les restructurations pendant le cycle inflationniste, avec la fermeture de notre site de sushi à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et la cession de notre activité de tartinables aux Pays-Bas. Nos usines sont prêtes à fournir les volumes. Les catégories où nous sommes présents sont celles qui redécollent le mieux après-crise.» Labeyrie épouse à fond ce nouveau cycle.



