La région Île-de-France investit 2,5 millions d'euros dans son écosystème quantique

Valérie Pécresse a annoncé, le 18 novembre, un programme d'investissement sur les technologies quantiques de 2,5 millions d'euros. L'objectif : développer un réseau de communication quantique et inciter la coopération entre industriels et start-up spécialisées. 

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Start-up quantique Pasqal
La technologie de la start-up Pasqal est au coeur du projet. Ici, un ingénieur de l'entreprise manipulant un dispositif expérimental.

En attendant le plan national quantique – repoussé à la sortie du confinement –, la région Île-de-France investit pour doper son écosystème quantique. Annoncé le 18 novembre par sa présidente Valérie Pécresse (Libres !), ce plan représente un investissement de 2,5 millions d’euros. De cette enveloppe, 1 million d’euros financeront à court terme le projet "Paris region quantum communication infrastructure" (QCI), qui vise à créer un réseau de communication quantique reliant Saclay (Essonne), Châtillon (Hauts-de-Seine) et Paris.

Il sera "mis en place entre des grands groupes, des start-up, le Laboratoire d’informatique de Paris 6 [LIP6], l’Institut d’optique [à Palaiseau (Essonne), ndlr] et Telecom Paris", a précisé Valérie Pécresse en conférence de presse. La présidente de la région ambitionne ce projet comme une "pierre angulaire" du projet européen de communications quantiques, l’European quantum communication infrastructure.

10 projets pilotes sur des problématiques industrielles

L’autre volet du plan francilien est le Pack quantique (PAQ) : un programme financé à hauteur de 1,5 million d’euros sur trois ans, dont 600 000 euros dès 2020, pour soutenir 10 projets pilotes basés sur des problématiques industrielles, qui seront menés par des grands groupes et des start-up.

Les porteurs de projets bénéficieront d’un accès privilégié au calculateur quantique de 100 qubits construit par la start-up Pasqal. Et auront ensuite accès à une plateforme hybride – mêlant calcul de haute-performance et calcul quantique – développé pour 2022 par le Grand équipement national de calcul intensif (Genci).

"Le Genci veut développer l’utilisation du quantique dans ses supercalculateurs, rappelle Christophe Jurczak, président du Lab quantique, association de la filière quantique française associée au programme. Il intégrera la technologie de Pasqal, puis celles d’autres constructeurs de calculateurs quantiques lorsqu’elles seront disponibles. L’idée étant de mener les projets sur du matériel made in France."

Unir l’écosystème et gagner en attractivité

Trois projets ont pour l’instant été sélectionnés : EDF s’associe avec Pasqal pour optimiser l’allocation de bornes de recharge des électriques selon leur disponibilité et la charge du réseau électrique ; avec la start-up américaine QCWare, Total s’intéresse à la résolution de problématiques liées au fret et à la logistique pétrolière ; la start-up logicielle Qubits Pharmaceuticals, elle, va accélérer la recherche de nouvelles molécules médicamenteuses.

"Ces projets, et les suivants, vont permettre d’unir l’écosystème quantique français, félicite Christophe Jurczak, par ailleurs cofondateur du fonds d’investissement spécialisé Quantonation. Ils nous permettront aussi de gagner une certaine attractivité auprès des entreprises spécialisées étrangères."

Faire émerger de nouvelles pépites

En orientant ces projets pilotes vers des cas d’usages concrets, le président du Lab quantique espère aussi aider les start-up à perfectionner leur compréhension des besoins industriels… et faire émerger de nouvelles pépites franciliennes. "Il y a un besoin, tant du côté des industriels que des fabricants de calculateurs quantiques, d’avoir davantage de start-up logicielles spécialisées, estime-t-il. Il n’y en a pas assez en France."

Pour accompagner ce projet structurant, le Lab quantique va d’ailleurs créer une "Maison du quantique", dans Paris. "Nous voulons donner des clés de compréhension aux grands groupes pour faire émerger des projets, avance Christophe Jurczak. Et accompagner les start-up, notamment en leur donnant accès aux problématiques et aux outils des industriels." Le lieu accueillera les jeunes pousses et les mettra en relation avec les industriels, dans un rôle de médiateur.

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