C’est EDF, associé à l’industriel de la collecte et du recyclage Paprec qui mèneront le projet Ecocombust visant à reconvertir la centrale électrique à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) en usine de production de black pellets issus de déchets de bois. Ces deux groupes ont reçu en ce sens la notification du ministère de la Transition énergétique à la suite de l’Appel à manifestations d’intérêt (AMI), lancé en février 2022. Pour la CGT, qui défend ce projet, cette décision acte le lancement de la conversion industrielle, qui devrait représenter un investissement de 200 millions d’euros et devrait bénéficier de 70 à 80 millions d’euros d’aides publiques dans le cadre de Programme d’investissement d’avenir (PIA 3).
«Le permis de construire devrait être déposé en mars ou avril pour un début des travaux fin 2023 et une mise en service en 2025», précise Gwenaël Plagne, secrétaire CGT du site de Cordemais. «L'instruction du dossier va, à présent, être approfondie par l'Ademe en vue de déterminer le niveau et les modalités de l'accompagnement financier qui pourra être apporté», nuance le ministère de la Transition énergétique.
30 à 50 millions d’euros pour adapter la centrale
Au projet Ecocombust, s'ajoutera un investissement de 30 à 50 millions d’euros visant à accroître la part des pellets dans le fonctionnement de la centrale électrique. L’ambition est de passer à 20% de pellets pour l’hiver 2023-2024, et donc moins de charbon, puis 40% pour l’hiver suivant, puis 100% en 2027. En attendant qu’Ecocombust produise ses premiers pellets, la question est de définir où le site se fournira en bois combustible. Ces derniers pourraient venir de Suède ou du Portugal.
Le projet inclut la mise en place d’une chaudière alimentée par des combustibles solides de récupération (CSR) selon un process maîtrisé par Paprec. Il permettra de produire de la vapeur pour l’usine de pellets. Ecocombust vise une production annuelle de 160 000 tonnes de pellets à partir de déchet de bois collectés à 100 kilomètres à la ronde et vraisemblablement au-delà par voie portuaire. Le projet permettrait de maintenir 80 emplois sur le site.
La centrale de Cordemais emploie actuellement 500 personnes dont 350 salariés EDF, le reste étant des sous-traitants. Pour Gwenaël Plagne, une réponse est par ailleurs attendue de RTE (gestionnaire du réseau électrique de haute tension) afin de déterminer jusqu’à quelle date le réseau aura besoin de la centrale de Cordemais, cette dernière se trouvant au cœur d’un réseau de lignes alimentant la Bretagne et les Pays de la Loire. «Ce sera a minima 2030 et vraisemblablement au-delà», estime le représentant syndical.



