Après l’Amérique, le Maghreb et l’Europe de l’Est, Figeac Aéro prend position au Moyen-Orient. Et plus précisément, en Arabie saoudite. L’entreprise a annoncé lundi 6 décembre la finalisation d’une société commune avec Saudi Arabian Military Industries (Sami), filiale à 100% du fonds d’investissement public saoudien (PIF), et Saudi Arabian Industrial Investments Company (Dussur). Une annonce qui s’inscrit dans l’avalanche de contrats engrangés par les entreprises françaises dans le cadre de la visite d'Emmanuel Macron dans les pays du Golfe début décembre.
Avec l’Arabie saoudite, Jean-Claude Maillard, le PDG de Figeac Aéro, espère faire coup double : se diversifier dans le militaire et conquérir dans la foulée de nouveaux marchés. Concrètement, le français et ses deux partenaires ont financé une nouvelle usine à Jeddah sur le site d’AACC (Aircrafts Accessories and Components Company), une entreprise spécialiste de la maintenance aéronautique. La phase de lancement court jusqu’en 2024. Le projet comprend l’achat d’un parc d’une quinzaine de machines, la mise en place d’infrastructures et de plans de formation, ainsi que l’obtention de certifications, pour un investissement total de près de 45 millions d’euros.
Diversification dans le militaire
Ce pari est d’autant plus nécessaire pour Figeac Aéro, qui livre des pièces métalliques pour la plupart des grands programmes aéronautiques, que le groupe a subi de fortes secousses en raison de la crise du secteur aérien provoquée par la pandémie mondiale. L’entreprise a connu une croissance forte durant la décennie 2010, mais a vu son chiffre d'affaires chuter de 54% sur l’exercice 2020-2021, tombant à 204,6 millions d’euros. Quant aux effectifs, ils ont été réduits de 1 000 personnes à l’échelle du groupe, passant de 3 700 à 2 700 collaborateurs. La société de capital-investissement ACE Capital Parters (Tikehau Capital) est même intervenue en septembre dernier pour remettre à flot Figeac en entrant dans son capital.

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La coentreprise Sami Figeac Aéro Manufacturing LLC (SFAM) pourrait donner des ailes au sous-traitant. « Cette coentreprise, détenue à 40% par Figeac Aéro, a pour ambition de produire des pièces métalliques d’aérostructures, dans le civil et surtout le militaire, détaille Jean-Claude Maillard, le PDG de Figeac Aéro. Le groupe est depuis trop longtemps dépendant du marché civil, il est nécessaire qu’il se tourne vers le militaire. Et cette société commune va participer à cette diversification. » L’Arabie saoudite est l’un des principaux importateurs d’armes dans le monde : ses importations ont augmenté de 61% sur la période 2016-2020, par rapport à la période 2011-2015…
Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (dit « MBS ») compte de plus en plus imposer des compensations industrielles associées aux grands contrats, les fameux offsets. « Elles devraient s’élever à hauteur de la moitié du chiffre d’affaires acheté », précise Jean-Claude Maillard. Le pays n’ayant pas aujourd’hui les moyens industriels de ces ambitions, Figeac Aéro se positionne d’ores et déjà pour capter de nouveaux marchés. « Figeac Aéro livre déjà quelques pièces mécaniques en direct pour le Rafale, mais c’est encore trop peu, considère le patron du sous-traitant. Le groupe a l’ambition d’être davantage présent dans cet appareil et dans tout autre programme d’avion sur le sol saoudien. »
S’installer pour décrocher des contrats
Le patron de Figeac Aéro a opté pour une stratégie étonnante : s’implanter pour décrocher de futures affaires. L’usine, qui est déjà sortie de terre, n’emploie pour l’heure qu’une quinzaine de personnes. Les premiers salariés saoudiens ont été formés par des salariés du sous-traitant, parmi ceux à avoir le mieux pris le virage de la digitalisation dans le secteur. « Les premières pièces commencent à être produites, mais il ne s’agit pas encore d’équipements issus de contrats saoudiens, confie Jean-Claude Maillard. Il s’agit de transfert de charges de plusieurs sites du groupe visant à démontrer au gouvernement saoudien, mais aussi aux grands donneurs d’ordre, que cette installation est apte à répondre aux futures exigences d’offsets. » Aucune précision n’est donnée quant aux sites concernés par ces transferts d’activités vers l’Arabie saoudite.
A l’horizon 2025-2026, cette société commune pourrait représenter environ 40 millions de chiffre d’affaires pour Figeac Aéro, selon son dirigeant. Et l’usine pourrait employer au total quelque 200 personnes en 2026-2027 et 500 vers 2030-2031. « Par ailleurs, un contrat de services d’environ 40 millions de dollars [35 millions d’euros, ndlr], à travers lequel Figeac Aéro assurera un accompagnement industriel et technique complet de SFAM, a également été mis en place », soulignent les partenaires de la société commune. Issue d’un protocole d’accord signé en 2019 lors du salon aéronautique du Bourget, ce projet d’internationalisation de Figeac Aéro prend corps.



