Qui a dit que la filière aéronautique ne se consolidait pas ? Après un an de négociations, Figeac Aéro a signé jeudi 9 septembre un accord engageant qui va permettre à ACE Capital Parters (Tikehau Capital) d’entrer au sein du capital du sous-traitant aéronautique. L’augmentation de capital de 35 millions d’euros à laquelle va souscrire le fonds d’investissement – impliqué dans la structuration de la filière – lui permettra, une fois l’opération acceptée, de détenir 26,25% du capital de cet acteur clé de la filière aéronautique.
Une bonne nouvelle pour Figeac Aéro, pris comme les autres fournisseurs de l’aéronautique dans la tourmente de la chute d’activité provoquée par la pandémie mondiale.
En juillet dernier, le sous-traitant lotois avait annoncé des résultats dans le rouge pour l’exercice 2020/2021 : un chiffre d'affaires de 204,6 millions d’euros en baisse de 54,2%, des pertes à hauteur de 57 millions d’euros et une dette abyssale de 347 millions d’euros. Entre la nécessité d’investir avant-crise pour tenir les cadences et la réduction de charge courant 2020, Figeac Aéro s’est retrouvé victime d’un effet ciseau conduisant notamment à des suppressions de postes.
Vers la constitution de plusieurs entités

- 109.77+0.68
6 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Mais l’opération devrait enfin faire souffler le vent de la consolidation au sein de la filière aéronautique, récemment appelé de ses vœux par Bruno le Maire, le ministre de l’Economie. Et en particulier avec d’autres acteurs des pièces mécaniques tels que Mecachrome, WeAre Group, Nexteam, tous trois ayant pour point commun d’avoir ACE pour actionnaire, mais aussi Lauak, selon nos informations. «Il est évident que nous sommes sur la trajectoire d’une consolidation en deux ou trois groupes», précise Marwan Lahoud, président du comité exécutif d’ACE.
Le scénario d’une entité unique regroupant tous ces sous-traitants semble écarté, afin de ménager la susceptibilité de donneurs d’ordre n’aimant rien tant que la diversité des fournisseurs. Cela confirme ce que Jean-Claude Maillard avait confié en 2020 à L’Usine Nouvelle : «la constitution d’un ou deux grands acteurs de la mécanique et du sous-ensemble, avec par exemple Mecachrome, Nexteam et We Are, voire même Lauak aurait du sens». A la faveur d’un redressement de l’activité et de la fin progressive des aides gouvernementales, le bal de la consolidation devrait commencer.
Un équilibre à trouver
Mais Marwan Lahoud insiste : «je ne fais que stimuler, c'est aux dirigeants de se mettre d’accord». Des patrons qui se retrouvent à devoir prendre des décisions stratégiques en pleine crise, avec le risque d’y perdre des plumes en cédant leurs entreprises au pire moment. Les parties prenantes tentent de tomber d’accord sans heurts. L’opération d’ACE permet par exemple à Figeac Aéro de se renflouer tout en maintenant son patron historique, Jean-Claude Maillard, à la barre. Lequel a dû accepter une dilution de ses parts : la part de l’actionnariat familial évoluant de 75% à 53%, ses droits de vote passent de 86% à 69 % contre 17% pour ACE.
D’ici la fin de l’année, ACE devrait avoir déployé entre 200 et 250 millions d’euros, sur les quelque 750 millions d’euros du fonds dédié, ACE Aéro Partenaires en comptant Aries Alliance, Brown Europe et Hitim. Un outil mis en place dans le cadre du plan de relance du secteur aéronautique et pour lequel ont contribué Tikehau Capital, l’Agence des participations de l’État, Bpifrance, les donneurs d’ordre (Airbus, Safran, Thales et Dassault Aviation) et le Crédit Agricole. L’objectif d’ACE est de mener à bien entre cinq et huit grosses prises de participations et entre 10 et 20 investissements de soutien à l’horizon de cinq ans.



