Un nouveau champion français aéronautique, d’envergure internationale, serait-il en train de prendre forme ? C’est en tout cas le souhait affiché de Jean-Claude Maillard, le président fondateur de Figeac Aéro. "La constitution d’un ou deux grands acteurs de la mécanique et du sous-ensemble, avec par exemple Mecachrome, Nexteam et We Are, voire même Lauak aurait du sens", lâche le dirigeant du sous-traitant lotois dans l’interview qu’il a accordée à L'Usine Nouvelle, vendredi 4 septembre. Un ou plusieurs regroupements qui constitueraient une intégration horizontale, ces acteurs intervenant sur des métiers similaires.
Ce rapprochement possible dans le segment des pièces mécaniques, évoqué dans notre enquête sur les scénarios de la consolidation de l’aéronautique publiée début juillet, est l’un des plus en vue dans le secteur, mentionné discrètement ces derniers mois par plusieurs dirigeants de la filière. "L’ensemble pourrait former un acteur avec un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros, glisse un dirigeant du secteur. La constitution d’un tel groupe garantirait à la France d’avoir sur ce segment une position forte dans les nouveaux programmes d’avions à l’horizon dix ans." Dans une logique d'intégration verticale, Figeac Aéro pourrait également se tourner vers des industriels spécialisés dans d'autres segments, tels que Stelia (Airbus) positionné sur les aérostructures, comme le suggère un expert.
ACE Management pas encore dans la boucle
Face à une crise d’une intensité et d’une durée inédites, équipementiers et sous-traitants aéronautique sont en quête d’investisseurs et de partenaires industriels pour gagner en taille et être plus à même d’affronter la baisse de charge durable qui s’est amorcée. L’effondrement actuel de la demande d’avions pourrait donc accélérer le phénomène de consolidation, poussé depuis de longues années par le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas). Tandis que les Plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) se multiplient depuis plusieurs semaines, les discussions entre dirigeants vont bon train pour définir les meilleures associations, les plus à même de constituer des acteurs industriels solides.

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Le fonds de gestion d’actifs Ace Management – en charge du fonds de soutien ACE Aéro Partenaires dans le cadre du plan de relance du secteur – qui possède déjà des parts dans Mecachrome, Nexteam et We Are, pourrait-il être à la manœuvre ? Réponse de Marwan Lahoud, président du directoire d’ACE Management : "Je n’exclus pas le scénario que vous évoquez, mais il n’est pas aujourd’hui sur la table. Vous savez, entre ce qui est intéressant à regarder et ce qui est faisable, il y a une marche d’escalier énorme. Si tous les deals qui font du sens aboutissaient, EADS et BAE s’appelleraient Airbus aujourd’hui… " Alors que Figeac Aéro vient d'annoncer un plan de suppressions de 320 postes, son dirigeant croit plus que jamais en la possibilité d'un tel rapprochement.
L’Usine Nouvelle.- Dans quelle mesure Figeac Aéro compte participer à la consolidation du secteur aéronautique ?

Jean-Claude Maillard.- La constitution d’un ou deux grands acteurs de la mécanique et du sous-ensemble, avec par exemple Mecachrome, Nexteam et We Are, voire même Lauak aurait du sens. Des discussions ont d’ailleurs démarré à ce sujet. Mais je ne peux pas en dire davantage à ce stade.
Etes-vous également à la recherche d’investisseurs financiers ?
Le secteur aéronautique a besoin de se recapitaliser pour traverser la crise. Quand on a besoin de se recapitaliser dans une période difficile, certains investisseurs peuvent être tentés d’abuser de la situation pour sous-coter des entreprises. C’est à nous, actionnaires, si l’on considère une offre déraisonnable, de ne pas donner suite aux propositions que l’on nous fait. Je souhaite consolider nos fonds propres pour améliorer notre santé financière pour pouvoir mieux traverser la crise et continuer après à se développer.
Avez-vous déjà des marques d’intérêts de la part d’investisseurs ?
Nous sommes devenus le premier sous-traitant européen avec 447 millions d’euros de chiffre d’affaires, notre performance industrielle et financière est connue dans le secteur, nous attirons donc la convoitise de nombreux investisseurs qu’ils viennent d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient.
Quels sont les risques encourus si les industriels ne trouvent pas un terrain d’entente avec les investisseurs ?
Le risque pour les équipementiers et sous-traitants du secteur est alors de voir des contrats annulés avec les donneurs d’ordre, au prétexte d’une moindre robustesse financière. L’industrie est certes en crise, et elle le restera quelques années, mais il est évident qu’elle aura une fin et qu’investir dans le secteur reste pertinent.
Pourriez-vous vous tourner vers des investisseurs étrangers ?
Pourquoi chercher loin ce que l’on pourrait trouver sur place ? Si on trouve en France les investisseurs qui croient autant en Figeac Aéro que certains y croient à l’étranger, c’est parfait. Nous vendons nos produits partout dans le monde, c’est une réalité. Nous produisons également dans nos filiales en France et à l’étranger. Ce qui caractérise l’aéronautique, c’est la mondialisation de son économie. Un investisseur étranger au capital de Figeac Aéro permettrait de poursuivre cette dynamique forte orientée vers des échanges, vers le développement, à travers le monde.
Propos recueillis par Olivier James



