La question de sa gouvernance réglée, Renault veut retisser ses liens avec Nissan et Mitsubishi

Quelques jours après la nomination de Luca de Meo à la direction générale de Renault, un comité opérationnel de l'Alliance s'est réuni au Japon.

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Alliance Renault Mitsubishi Mitsubishi janvier 2020
Makoto Uchida (directeur général de Nissan Motor Co), Clotilde Delbos (directrice générale par intérim de Renault), Jean-Dominique Sénard (président de l’Alliance et de Renault), Osamu Masuko (président de Mitsubishi Motors), Hadi Zablit (secrétaire général de l'Alliance) réunis au Japon le 30 janvier.

Quelques jours après la nomination de Luca de Meo à la direction générale, Renault passe à la phase 2 de son plan de relance. Le dialogue a été renoué avec ses partenaires Nissan et Mitsubishi. Un comité opérationnel de l'Alliance s'est réuni ce 30 janvier à Yokohama au Japon, en présence des présidents des trois constructeurs (dont Jean-Dominique Senard et Clotide Delbos pour la France) et du nouveau secrétaire général de l'Alliance Hadi Zablit. Ce board a validé plusieurs projets visant à renforcer les stratégies entre les partenaires. "Le partenariat entre Renault et Nissan demeure solide mais les composantes de l'alliance partagent un sentiment d'urgence", a déclaré Jean-Dominique Senard à l'issue de la rencontre.

Le principe retenu (qui avait déjà été acté en novembre) est celui d'une organisation référent / suiveur, pour chaque grande région ou chaque technologie, plate-forme ou groupe motopropulseur. Pour éviter les doublons, un référent sera clairement designé, et fera bénéficier ses partenaires de son ingénierie et de son expertise. La répartition entre les trois groupes sera précisée d'ici mai 2020, lorsque les plans stratégiques à moyen terme des trois sociétés seront annoncés simultanément. Pour les régions, Renault prendra logiquement le leadership en Europe, Mitsubishi en Asie du sud-est et Nissan.

De Meo arrivera en juillet

Cette annonce intervient quelques jours seulement après la nomination de Luca de Meo au poste de directeur général de Renault. Une annonce loin d’être une surprise. Depuis plusieurs mois, l’ancien responsable de la marque Seat, propriété du groupe Volkswagen, faisait figure de favori pour remplacer Thierry Bolloré, écarté de ses fonctions au sein du constructeur au Losange en fin d’année dernière.

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"Le Conseil d’administration a considéré que Monsieur Luca de Meo par son parcours, par son expérience et par sa réussite dans ses précédentes fonctions, réunit toutes les qualités pour contribuer au développement et à la transformation du Groupe Renault dans toutes ses dimensions", a précisé le groupe automobile dans un communiqué. Mais sa prise de fonction ne devrait pas être effective avant le 1er juillet. En cause : le contrat de non-concurrence qui lie le responsable de 52 ans à son ancien employeur Volkswagen. Les négociations entre les groupes français et allemand auraient simplement permis d’en réduire la durée de deux ans à cinq mois, d'après certains médias.

Renault en zone de turbulences

Dans un tel contexte, la directrice générale par intérim, Clotilde Delbos, poursuivra son intérim à la direction générale pendant quelques semaines encore, avant de passer elle-même au poste de directrice générale adjointe. Un délai supplémentaire pas forcément évident à gérer pour Renault, qui se trouve dans une zone de turbulences depuis plus d’un an. S’il fait mieux que son concurrent PSA, le constructeur a enregistré en 2019 des volumes de ventes mondiales en contraction de 3,4% à 3,8 millions d’unités, et pourrait bien afficher des résultats financiers en demi-teinte sur l’année écoulée, en vertu des annonces faites en octobre dernier.

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