Vingt ans d’alliance et puis s’en va ? Dans un article publié le 12 janvier, le Financial Times faisait état de réflexions chez Nissan autour d’un plan d’urgence en vue d’une possible séparation avec son partenaire français de longue date, Renault. Un argument balayé par le président du constructeur au Losange, Jean-Dominique Senard, qui est revenu jeudi 16 janvier sur l’avenir de l’Alliance entre les trois groupes franco-japonais Nissan, Renault et Mitsubishi, dans le cadre d’une rencontre organisée à Paris par l’association des journalistes économiques et financiers (AJEF).
"Je ne vous cache pas que cet article m’a profondément surpris et choqué", a réagi l’ancien dirigeant du fabricant français de pneumatiques Michelin, qualifiant l’annonce de "fake news". "Cet article m’a choqué parce qu’il est, pour moi, l’expression d’une malveillance évidente par rapport à quelque chose en train de tourner positivement et dont tout le monde n’a pas envie de le voir tourner positivement" a ajouté le responsable de 66 ans, en référence aux efforts réalisés depuis un an pour relancer l’Alliance. "C’est une contre-vérité !" a-t-il asséné.

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"Ce qui s’est passé [en 2019] a été majeur, a contre-attaqué Jean-Dominique Senard. "Vous avez des gouvernances [de Nissan et Renault] qui fonctionnent de la manière la plus satisfaisante possible, (…) un conseil composé de personnes toutes ultra-favorables à l’Alliance et qui savent très bien que seule l’Alliance pourra aider Renault, Nissan et Mitsubishi à renouveler les performances économiques", a détaillé le président du constructeur au Losange, pour lequel il existe "une volonté absolue de mener cette Alliance au succès".
Retrouver "l’esprit d’origine" de l’Alliance
Un constat loin d’être partagé par son prédécesseur Carlos Ghosn. Dans une conférence de presse organisée début janvier à Beyrouth (Liban), l’ancien responsable de Renault et Nissan avait estimé qu’il "n’y [avait] plus d’Alliance". Tout en refusant de commenter ces déclarations, Jean-Dominique Senard a dressé un portrait en creux peu flatteur des années Carlos Ghosn. Selon lui, "les frustrations" observées chez Renault et Nissan ont "été construites dans le temps, dans un ensemble qui avait souffert d’une absence de décisions et qui, de fait, laissait les équipes livrées à elles-mêmes".
Et de considérer que "le sujet était assez profond et ne remontait pas à deux ou trois mois avant [son] arrivée". Jean-Dominique Senard s’est également abstenu de commenter le montant des synergies entre Renault et Nissan, estimant que "80% du potentiel de l’Alliance" était encore à venir. "Cette Alliance n’a certainement pas donné tout son potentiel, tout le monde en est conscient", a-t-il justifié. En 2017, les synergies entre Renault et Nissan avaient atteint un montant de 5,7 milliards d’euros, avec pour objectif de les faire grimper à plus de 10 milliards annuellement d’ici à 2022.
Au-delà des chiffres, Jean-Dominique Senard compte sur la tenue d’un conseil opérationnel avant la fin du mois de janvier pour relancer réellement l’Alliance. De nouveaux projets industriels communs devraient être décidés. "C’est une chose de parler de plateformes communes, mais c’est une autre de parler "commonalité" des pièces, de coordination des programmes et des équipes", a-t-il glissé, tout en promettant un retour à "l’esprit d’origine de l’Alliance", impulsé par Louis Schweitzer en 1999, et "qui a fait des merveilles pendant les premières années" du partenariat Nissan-Renault… De quoi boucler la longue parenthèse des années Ghosn.



