Des millions de voitures électriques devraient bientôt voir leur batteries contenir du lithium raffiné en France. La start-up Viridian Lithium, fondée fin 2021 à Strasbourg, a dévoilé mardi 7 juin un projet inédit : la construction d'une usine de conversion en sels de lithium de qualité batterie de ce métal indispensable à la production d'électrolyte et de cathodes. Censé ouvrir ses portes à Lauterbourg (Bas-Rhin) en 2025, le site devrait être en mesure de fournir dans une première phase 25 000 tonnes d'hydroxyde de lithium par an, ce qui permettrait selon l'entreprise d'équiper environ 500 000 véhicules. Son PDG Rémy Welschinger envisage d'atteindre les 100 000 tonnes annuelles à l'horizon 2030, de quoi produire les batteries de deux millions de véhicules électriques, afin de « couvrir la totalité de la demande française ». Et même au-delà...
L'objectif de 2 millions de véhicules de véhicules électrifiés produits en France en 2030 est une ambition d'Emmanuel Macron, annoncée lors de la présentation du plan France 2030. Selon le cabinet Inovev, les usines françaises ont produit un peu plus de 1,38 million de véhicules particuliers et utilitaires neufs en France en 2021, toutes motorisations confondues. Si Viridian « a sélectionné le site industriel de Lauterbourg, avec un accès direct tri-modal (portuaire, ferroviaire, routier) le long du Rhin », comme expliqué sur son site, on peut imaginer qu'il s'intéresse également au marché allemand. Un projet équivalent, qui vise un démarrage en 2024, est néanmoins porté par Bilfinger et Rock tech lithium à Guben en Allemagne.
Pour construire cette usine, Viridian s'est associé aux groupes Technip Energies et Veolia Water Technologies (pour valider les procédés) afin de bénéficier de leurs compétences en ingénierie. Technip Energies est chargé de finaliser l'étude de faisabilité, un contrat assorti « d'un droit préférentiel sur la construction de l'usine » et « des trois extensions prévues », précise le groupe dans un communiqué. Grâce à ses procédés chimiques « novateurs », elle ambitionne de produire « le lithium de qualité batterie avec l’intensité carbone la plus faible au monde ».
Lithium local bas carbone
L'unité produira cet hydroxyde de lithium à partir de minerais extraits en Amérique latine, mais Viridian Lithium espère pouvoir s'approvisionner au plus vite en lithium local, séduit par les richesses du sous-sol alsacien. Et par l'énergie bas-carbone du mix français. Dans le cadre du projet de recherche Eugeli, le groupe Eramet et ses partenaires sont d'ores et déjà parvenus à extraire plusieurs kilos de lithium des eaux géothermales dans le bassin Rhénan. Un gisement prometteur, mais insuffisant pour répondre aux besoins des constructeurs tricolores.

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
Ces derniers n'ont d'ailleurs pas attendu l'annonce de Viridian pour sécuriser leurs approvisionnements. Renault et Stellantis seront livrés en lithium par la pépite allemande Vulcan Energy Resources, qui extrait elle aussi le lithium géothermal, de l'autre côté du Rhin. Ils cherchent également des solutions pour sécuriser leurs approvisionnements et stabiliser les prix du cobalt et du nickel contenus dans les batteries actuelles. D'autres start-up se placent sur ce marché convoité, à l'instar de la deep tech tricolore Adionics, qui veut industrialiser sa technologie d’extraction de lithium par voie liquide-liquide.
Au total, le projet porté par Viridian représenterait un investissement estimé entre 140 et 170 millions d'euros, financé par des levées de fonds, des emprunts bancaires, des aides publiques et des fonds provenant de partenaires industriels.



