Quelques mois après avoir sélectionné l'allemand Vulcan Energy pour sécuriser ses approvisionnements en lithium bas carbone et le finlandais Terrafame pour se fournir en nickel, Renault veut s'assurer l'accès à un autre métal critique devenu capital : le cobalt. Le constructeur tricolore a annoncé mercredi 1er juin avoir conclu un contrat d'approvisionnement avec le groupe minier marocain Managem. Les partenaires n'ont pas souhaité rendre public le montant de cet accord, mais précisent qu'il implique la livraison de 5 000 tonnes de sulfite de cobalt par an pendant sept ans, à partir de 2025.
Dans un communiqué, Renault ajoute que cette alliance représente une capacité annuelle de production de batteries jusqu’à 15 GWh, ce qui devrait lui permettre de fabriquer environ 300 000 voitures électriques. L'entreprise évoque un « approvisionnement significatif », mais ses besoins dépasseront bientôt largement cet objectif : à l'horizon 2025, son pôle nordiste ElectriCity est censé à lui seul produire 400 000 véhicules chaque année. La dynamique devrait encore s'accélérer, car la marque a annoncé début janvier viser désormais 100% de ventes électriques en Europe dès 2030.
Réduire l'empreinte des batteries
Utilisé pour améliorer la stabilité de la borne positive des accumulateurs lithium-ion, le cobalt traîne derrière lui une mauvaise réputation. De nombreuses associations dénoncent en effet régulièrement les effets sociaux et environnementaux de ses conditions d'extraction, assurée aux deux-tiers en République démocratique du Congo, dans des conditions de traçabilité et sociales peu satisfaisantes. Afin de rester cohérent avec ses ambitions écologiques, Renault met en avant le savoir-faire de Managem, « dont l’efficacité énergétique des installations se traduit par l’optimisation des consommations et le recours croissant à des énergies vertes, dont plus de 80 % d'origine éolienne ». Le groupe explique par ailleurs vouloir réduire l’empreinte carbone de ses batteries de 20 % d'ici à 2025 et de 35 % d'ici à 2030, par rapport à 2020.
Le constructeur français n'est pas le seul à chercher à consolider sa chaîne d'approvisionnement afin de mieux négocier le virage vers l'automobile électrique. Le trublion du secteur, l'américain Tesla, a quant à lui signé un contrat majeur avec la Nouvelle-Calédonie pour se fournir en nickel et son PDG Elon Musk réfléchit à investir lui-même dans l'extraction du lithium afin de diminuer les coûts de production. Depuis quelques années, le prix de ces matières premières critiques et stratégiques a en effet explosé, et la demande ne semble pas près de s'épuiser.



