Sur le marché français de la petite literie, la Compagnie Dumas, créée en 1910, compte parmi les pionniers du secteur. Avec une dizaine d’acteurs en activité sur le territoire, c’est une niche stable et dynamique qui présente néanmoins des barrières à l'entrée en raison de la logistique et de la taille des produits. Face à une concurrence qui mise pour la plupart sur une stratégie de diversification (articles rembourrés, linges plats, protection literie, mobilier ou prêt-à-porter), l’entreprise de Tonnerre dans l’Yonne, elle, se démarque, en ne fabriquant que des produits de petite literie. Elle assure également un service personnalisé de A à Z pour sa clientèle composée d’acteurs du tourisme (environ 35 % du CA, avec un spectre allant de l’hôtellerie de plein air aux établissements 5 étoiles, en passant par les compagnies aériennes), mais aussi des VPCistes, des marques digital-natives, des marketplaces et des distributeurs spécialités.
À ces spécificités s’ajoutent des engagements forts, mais aussi des convictions, confie Édouard Dumas, président de la société de 45 personnes, membre de la communauté de La French Fab et de la communauté du Coq Vert : « les défis environnementaux sont de taille et la démarche d’amélioration continue essentielle. La filière textile est considérée comme l’une des plus polluantes, ce qui nécessite une approche plus responsable. »
Mobilisée pour redynamiser la filière industrielle française, La French Fab accompagne les industries pour accélérer leur transformation et les mettre en réseau. Elle participe également à leur donner de la visibilité et promouvoir le secteur industriel. Des objectifs qui profitent à leur communauté, dont la Compagnie Dumas fait partie.
L’impact environnemental réduit de la Compagnie Dumas
L’un des principaux enjeux repose sur l’approvisionnement. Mais la démarche RSE reste partielle chez la plupart des industriels du secteur. « Les acteurs du marché transposent souvent les promesses de leurs fournisseurs à leurs propres produits, sans pour autant avoir évalué leur empreinte carbone afin de mesurer leur réduction d'impact réelle », poursuit le dirigeant.
De son côté, la Compagnie Dumas réalise son premier bilan carbone dès 2009 et établit un plan d'engagement drastique. En une dizaine d’années, les effets de la démarche sont significatifs : la PME réduit de moitié son impact initial, notamment via les intrants (qui représentent 80 % de l’impact), améliore ses process ainsi que la maîtrise de sa consommation énergétique. Le but est clair : réduire les impacts sur les intrants et participer à la conservation de la filière textile française, et ce, malgré la « part maudite et incompressible » représentée par une certaine typologie de tissus disponible uniquement en Asie.
Une nécessaire démarche spécifique au marché de la petite literie
Cependant, comme l’indique Édouard Dumas : « il n'existe pas encore de véritables connaissances ni de démarches à proprement parler pour mesurer l'impact des produits sur l'environnement. » C’est pourquoi, après une tentative auprès du ministère de l’Environnement, l’entrepreneur tente il y a quatre ans de monter une commission technique avec l'aide de l’institut technique national FCBA1. Objectifs de cette commission : recenser l’offre du marché avec l’ensemble des durées de vie des produits et établir une note d’impact environnemental.
La démarche est en cours, avec l’appui de l’Ademe notamment. « C’est un vrai levier pour faire avancer le marché, faire bouger les habitudes de consommation et permettre d’acheter en conscience, au même titre que le Nutriscore », précise le professionnel avec enthousiasme.
Une démarche responsable globale et en continu
Avec 2,5 millions d’articles fabriqués (dont 50 % en marque distributeur) et 12,5M€ de chiffre d'affaires, la Compagnie Dumas accorde une grande importance à la dimension sociale de son activité, en veillant au bien-être de ses équipes et en créant des outils innovants et ergonomiques.
En plus du lancement du processus de certification B Corp, l’entreprise a rejoint la Convention des entreprises pour le climat, confirmant les convictions profondes de son dirigeant : « Produire responsable et de qualité est possible, mais c’est une démarche perpétuelle, en continu. »
Une trajectoire que suit de près Bpifrance. Édouard Dumas a tout d’abord bénéficié d’un prêt pour racheter l’entreprise familiale et être détenteur à 100 % de la société. « Depuis, on étudie régulièrement les différents projets à traiter et réflexions à mener, précise-t-il. En ce moment, nous travaillons sur l'autonomie énergétique, projet pour lequel le prêt vert semble adapté. C’est un accompagnement formidable, parce que le réseau permet d'ouvrir des portes, de trouver les bons interlocuteurs, d'avancer plus vite… C'est efficient et bénéfique. » Un bon appui pour poursuivre les objectifs de l’entreprise, à savoir distribuer toujours plus de produits qualitatifs. Des enjeux suivis de près par La French Fab, qui l’accompagne dans cette trajectoire.
1 Centre technique industriel français né de la fusion de l’AFOCEL (Association Forêt Cellulose) et du CTBA (Centre technique du bois et de l’ameublement),
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