L’impact de la pénurie de semi-conducteurs dans l’automobile ne cesse de prendre de l’ampleur. Le cabinet AlixPartners a annoncé lundi 17 mai avoir révisé à la hausse son estimation de l’impact de cette crise sur les constructeurs automobiles. Ce ne sont pas 61 milliards de dollars (soit 50 milliards d’euros), comme annoncé en janvier, mais 110 milliards de dollars (l’équivalent de 90 milliards d’euros) que les fabricants de voitures pourraient perdre en 2021 en raison de cette crise, estime le cabinet.
3,9 millions de véhicules légers qui auraient dû être produits, ne pourront pas l’être cette année en raison du manque de certains semi-conducteurs. Et ce, malgré la reprise qu’anticipe AlixPartners au quatrième trimestre. Celle-ci devrait permettre de regagner un million de véhicules par rapport aux 4,9 millions d’unités qui devraient être perdues au cours des trois premiers trimestres de 2021, met en avant le cabinet. Au total, la production mondiale devrait chuter à un peu de 80 millions d’unités.
Toyota survole la crise
Bien sûr, tous les constructeurs ne sont pas touchés de la même manière. Les résultats trimestriels ou annuels présentés ces dernières semaines ont mis en lumière d'importantes différences entre les groupes. Le japonais Toyota a ainsi tiré les enseignements du tsunami qui l’avait durement frappé en mars 2011. Le constructeur dispose désormais d’une vision fine de l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement, ce qui lui permet de réagir rapidement en cas de perturbation. Ainsi, Toyota a été en mesure de constituer des stocks de semi-conducteurs. La proximité du groupe avec les fabricants de semi-conducteurs – la plupart étant japonais – apparaît bien sûr comme un atout pour le groupe. Toyota détient 5% de Renesas, dont le site devrait peu à peu reprendre du service, et est le principal actionnaire de Denso, rappellent Les Echos. Autant d’éléments qui permettent à Toyota de viser un rebond de ses résultats aux niveaux d’avant-crise dès cette année.

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
Contournements ingénieux
A l’opposé, Stellantis a annoncé que la pénurie de semi-conducteurs avait amputé sa production de 190 000 véhicules au premier trimestre. Même le grand rival de Toyota, le groupe Volkswagen, a dit en mars avoir perdu 100 000 unités en raison de cette crise. Mais le cas le plus extrême reste celui de Ford, qui a indiqué fin avril dans un communiqué"s’attendre à perdre environ 50% de la production prévue au deuxième trimestre, contre 17% au premier".
Dans un tel contexte, certains déploient des stratégies de contournement ingénieuses. Pour sa berline 308, Stellantis a fait le choix de repasser au compteur à aiguilles. La marque n’est pas la seule à être concernée par de tels arbitrages au sein du constructeur né de la fusion entre les groupes PSA et FCA. Les pickups RAM font aussi l’objet d’adaptations. Idem côté Renault, qui a cessé temporairement de proposer un écran géant derrière le volant de son nouveau modèle Arkana, selon Bloomberg.
Travail de long terme
En parallèle, les constructeurs font le choix de concentrer leurs efforts sur la production des modèles les plus demandés ou les plus rentables pour absorber la hausse des prix liée à la pénurie de semi-conducteurs. Mais au-delà de ces actions visant à limiter les impacts à court terme, cette crise "a fait prendre conscience de la nécessité de renforcer la résilience de la chaîne d'approvisionnement à long terme", insiste AlixPartners dans sa note publiée lundi.
"Il y a jusqu'à 1 400 puces dans un véhicule standard aujourd'hui, et ce nombre ne fera qu'augmenter à mesure que l'industrie poursuit sa marche vers les véhicules électriques, les véhicules de plus en plus connectés et, à terme, les véhicules autonomes. Il s'agit donc d'une question essentielle pour le secteur", ajoute le cabinet. A l’image de Toyota, d’autres constructeurs pourraient ainsi tenter de resserrer leurs liens avec des fournisseurs de semi-conducteurs à l’avenir.



