Avec plus de trois ans de retard, la nouvelle fusée européenne Ariane 6 doit s'envoler le 9 juillet

Le lanceur lourd européen nouvelle génération Ariane 6 doit effectuer son tout premier vol le 9 juillet, a annoncé Josef Aschbacher, le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), ce mercredi 5 juin. La fusée partira avec un retard de plus de trois ans sur son calendrier initial.

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Ariane 6 sur son pas de tir Kourou
Assemblée au centre spatial de Kourou, en Guyane, l'étage principal de la fusée Ariane 6 a été dressé sur son pas de tir fin avril.

La date est désormais connue. Le nouveau lanceur de satellites européen Ariane 6 effectuera son vol inaugural le 9 juillet, a annoncé, ce mercredi 5 juin, Josef Aschbacher, le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA) lors du salon aéronautique international de Berlin. Pour son premier vol dans l'espace, la fusée emportera une dizaine de microsatellites scientifiques et universitaires. Le premier lancement commercial devrait avoir lieu avant la fin de l’année.

Le développement de la fusée, débuté en 2014, a été assuré par le constructeur ArianeGroup, une coentreprise entre l’avionneur Airbus et le motoriste français Safran. L'étage principal de cette fusée Ariane 6 a été fabriqué sur le site d’ArianeGroup aux Mureaux (Île-de-France). Il a rejoint la Guyane fin février à bord du voilier bordelais Canopée. L’étage supérieur a été assemblé, lui, à Brême, en Allemagne. La coiffe a été montée en Suisse, et les principaux composants des boosters ont été fabriqués entre l’Aquitaine, l’Espagne et l’Italie. Enfin, les propulseurs ont été assemblés directement en Guyane.

Ariane 6 lancée avec plus de trois ans de retard

Après une succession de reports, le lancement inaugural de la fusée Ariane 6 affiche plus de trois ans de retard au compteur. Le décalage pèse lourd dans le carnet de commandes de l’ESA. Le dernier vol du précédent lanceur lourd de l’agence, l’Ariane 5, a été effectué début juillet 2023. Depuis, l’agence se retrouve confrontée à un vide commercial douloureux, coupée des mises en orbite de charges de plus de 4,5 tonnes.

Fin février, le symbole était fort : deux satellites Galileo, chargés d’opérer un système de géolocalisation européen, étaient mis en orbite à bord d’une fusée de l’Américain SpaceX. Les commerciaux de l’ESA ne peuvent même pas se consoler avec les lanceurs légers. Depuis l’échec de son premier vol commercial fin décembre 2022, le poids plume nouvelle génération Vega-C ne devrait pas être lancé avant la fin de l’année 2024.

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Arianespace, la société commerciale d'ArianeGroup, cumule désormais 30 fusées Ariane 6 dans son carnet de commande – dont 18 consacrées à la constellation de satellites Kuiper d’Amazon. ArianeGroup, le maître d’œuvre industriel, vise une montée en cadence industrielle progressive, avec 6 fusées produites en 2025, 8 en 2026 puis 9 en 2027. Quinze lanceurs Ariane 6 sont déjà en cours de fabrication.

L'Europe a voulu aller trop vite face à SpaceX

En cause de ce lancement tardif d’Ariane 6, la pandémie de Covid-19, bien sûr. Mais surtout de nombreuses difficultés techniques imprévues. Martin Sion, président exécutif d’ArianeGroup, a expliqué en mars que le constructeur a pâti de sa jeunesse. Le groupe est né en 2017 de la fusion d’entités aux cultures d'entreprise profondément différentes.

S’est ajouté le fort écart générationnel entre les programmes de lanceur lourd : les ingénieurs qui ont travaillé sur l’Ariane 5, il y a 26 ans, ont quitté les bureaux bien avant d’apporter leur expérience à la nouvelle Ariane 6. Enfin, l’Europe aurait voulu aller trop vite face à la pression concurrentielle du nouvel acteur américain SpaceX : le concept d’Ariane 6 a été décidé six mois seulement avec le lancement de son développement.

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