Le pari de la montée en gamme semble payer pour Soufflet. Avec un chiffre d'affaires de 4,866 milliards d'euros pour l'exercice 2018/2019, en augmentation de 9%, le géant des céréales se porte bien. "Cette année se caractérise par l'amélioration de nos résultats ainsi que par les premières réalisations de notre plan de transformation" s'est d'ailleurs félicité Jean Michel Soufflet, président du directoire de l'entreprise, lors d'une conférence de presse vendredi 10 janvier.
Car si la hausse des prix des céréales a affecté positivement les résultats de l'entreprise, c'est avant tout grâce à sa stratégie de montée en gamme que le numéro un de la collecte de céréales en Europe doit ces bons chiffres.
Digitalisation et durabilité

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Si dans l'activité agricole, dont le chiffre d'affaires en 2019 est de 1, 940 milliard d'euros, l'accent a été mis sur la digitalisation avec le lancement d'une plateforme de vente en ligne, dans les trois autres activités du groupe que sont la meunerie, le malt et les légumes secs, c'est la question de la durabilité qui a été mise en avant à travers la conversion de plusieurs activités en bio ou en agriculture responsable. "Aujourd'hui, le bio concerne neuf de nos 59 sites industriels et cinq de nos secteurs d'activités" précise Jean-Michel Soufflet.
Premier moulin bio et orge durable
Parmi ces secteurs, la meunerie. Sur les 150 millions d'investissements réalisés par l'entreprise au cours du dernier exercice, trois ont été consacrés à l'inauguration du premier moulin du groupe 100% bio à Lozanne (69). "Cette structure était à l'arrêt car trop petite pour la production traditionnelle mais face à la demande croissante de bio, nous l'avons totalement reconfigurée", précise le président du directoire. Soufflet espère y produire jusque 9 000 tonnes de farine dès 2022.
La conversion au bio concerne également la filière malt qui a d'ailleurs lancé une nouvelle feuille de route RSE, avec notamment l'objectif de produire plus de 80% d'orge durable d'ici à 2030. Une manière pour Soufflet de répondre aux demandes de clients. "Aujourd'hui, même les grands brasseurs industriels commencent à s'intéresser au malt bio", confirme le directeur général Christophe Passelande
Difficultés de Neuhauser
Cette dynamique positive reste toutefois entachée par les difficultés rencontrées par Neuhauser. Rachetée en 2015, l'entreprise de viennoiseries lorraines est toujours en crise. "Neuhauser n'est pas encore sortie de l'ornière" précise Jean-Michel Soufflet avant d'ajouter que l'entreprise affiche le pire EBITDA du groupe. Face aux difficultés, Soufflet a d'ailleurs fermé l'usine Furst 1, à Folschviller (Moselle) en août dernier. Pour redresser l'activité viennoiserie, Soufflet applique sa stratégie de la montée en gamme avant notamment le lancement d'une nouvelle ligne de production de beignets d'une capacité de 7 500 tonnes par an en Bretagne et d'une installation de croissants fourrés dans le Nord. Au Portugal, où l'entreprise a déjà opéré sa montée en gamme, Neuhauser affiche le meilleur EBITDA du groupe. "Nous allons même y créer une troisième usine et avons déjà acheté le terrain pour la quatrième installation", confirme Jean-Michel Soufflet.



