La déflation n'est pas au rendez-vous ? Les négociations commerciales débutées en décembre, période où fournisseurs et distributeurs s’entendent sur les prix, battent leur plein. Elles s’achèveront le 1er mars. Les distributeurs espèrent satisfaire leur quête de baisse de prix, alors que l’inflation a été de plus de 20% entre 2021 et début 2024, et certains montent au créneau pour dénoncer les demandes des fournisseurs.
Une hausse de 24% sur les biscuits ?
«De très grandes marques sont venues avec des hausses de tarifs de l'ordre de 6 à 7, voire 8 %, a tonné Thierry Cotillard, président du groupement les Mousquetaires (Intermarché) au micro de France Info ce 9 décembre. C’est totalement décorrélé de la réalité économique», a-t-il pesté, donnant l’exemple d’un «vendeur de biscuits» proposant une hausse de tarifs de 24%. Le prix du beurre par exemple a fortement augmenté ces derniers mois. D’autres produits, comme le café, le chocolat ou le jus d’orange subissent aussi des hausses importantes en raison d’incidents de production chez les principaux pays producteurs.
Reste que ces demandes de hausses contrarient les desseins de la grande distribution, qui peine à faire redécoller les volumes, en baisse constante depuis 2020, après cette période de forte inflation. Obtenir des prix bas, alors que la bataille des parts de marchés est toujours plus féroce, est une assurance-vie dans un marché ultraconcurrentiel. «L’inflation s’est arrêtée, maintenant, nous allons chercher des baisses. Il y a quand même des boîtes, des marques principalement, qui ont déconné (sic)», s’est emporté Michel-Edouard Leclerc, président du groupe éponyme, la veille au micro de BFM.
Moindre pression politique, des fournisseurs sous les radars ?
Les fournisseurs sont pour l’instant en retrait et ne montent pas au créneau – pour combien de temps ? Une certitude, si la déflation sur les produits de grande consommation (ce qui n’inclut pas seulement l’alimentaire) n’était que de 0,6% sur un an en décembre, d’après le panéliste Circana, la pression sur les négociations est moindre que l’an passé, le politique se tenant plus en retrait.
Mi-décembre, un comité de suivi des négociations commerciales, chapeauté par le gouvernement, a été annulé en raison de la situation politique. L’an passé, le gouvernement avait été jusqu’à modifier la période de négociation dans l’espoir de tempérer l’inflation. Les préoccupations des pouvoirs exécutif et législatif semblent désormais ailleurs, alors que la nouvelle proposition de réformer Egalim semble remisée.



