[La France du numérique] Les pépites de Bretagne boostées par la pandémie... et les autres

On poursuit notre tour de France des pépites de la French Tech avec la région Bretagne.

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Hoppen développe des services numériques dédiés aux hôpitaux et aux malades.

En Ille-et-Vilaine, selon l’enquête de l’agence Audiar, 38 000 emplois sont répertoriés dans le numérique, un effectif qui augmente de plus de 1 000 postes par an. En revanche, depuis le confinement, les groupes internationaux font grise mine comme à Lannion où Nokia a l’intention de fermer son site dédié à la 5G et de supprimer 405 postes.

À Rennes, élus locaux et acteurs économiques sont tout autant remontés contre Technicolor, "qui a prévu, indique l’intersyndicale, de supprimer 110 emplois, ce qui réduira de 40% d’ici à la fin de l’année l’effectif du centre de R & D rennais" spécialisé dans les décodeurs numériques.

Klaxoon sort une nouvelle offre pour le télétravail

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Klaxoon sort une nouvelle offre pour le travail Klaxoon sort une nouvelle offre pour le travail

Le confinement a inspiré les équipes de Klaxoon, à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), qui viennent de mettre au point un nouveau produit nommé Board. "Il s’agit, indique Matthieu Beucher, le président de Klaxoon, d’un espace de travail complet à distance. Accessible depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur, il est équipé d’une solution de visioconférence et de différents modules d’organisation des réunions". Sa commercialisation démarre à 9,90 euros par mois de location. Une partie importante des collaborateurs de Klaxoon dont le siège social est rennais, ont participé à la création du Board qui peut être utilisé en déplacement, au bureau ou à domicile. Klaxoon emploie 250 collaborateurs. Si l’entreprise qui "a renforcé ses ventes" est profitable, son chiffre d’affaires demeure confidentiel.

Digitaleo renforce ses fonds propres

Spécialiste du marketing digital, le rennais Digitaleo développe une plate-forme qui permet aux grandes enseignes d’adapter leur prospection commerciale à leur clientèle de proximité. Pour l’accompagner l’entreprise dans sa croissance, son fondateur et PDG, Jocelyn Denis, vient de renforcer son capital. Il fait entrer de façon minoritaire dans son tour de table Bpifrance et Unexo (Crédit agricole). Les moyens supplémentaires apportés par ces financiers permettront à Digitaleo de "poursuivre les investissements en R & D indispensables pour apporter aux enseignes des technologies nouvelles afin de mieux faire revenir les consommateurs post-confinement", indique le dirigeant de l’entreprise qui réalisera en 2020 8 millions d’euros de chiffre d’affaires avec ses 50 collaborateurs.

Niji continue de recruter

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Depuis sa création à Rennes (Ille-et-Vilaine) en 2001, cette société accompagne PME et ETI dans leur transformation numérique. Elle va encore créer une vingtaine d’emplois d’ici à la fin de l’année. "Ce sont des postes avec des compétences d’experts. Sur l’exercice, nous aurons embauché 80 personnes supplémentaires, indique Hugues Meili, le président de Niji. C’est moins qu’au cours des exercices précédents, car nous avons subi le confinement, mais les activités repartent. Nous disposons des compétences nécessaires –900collaborateurs– pour répondre à la demande." Alors que Niji avait réalisé 84 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2019, celui de 2020 n’atteindra pas les 100 millions d’euros initialement prévus.

Medaviz lève 6 millions d’euros

Installé à Vannes (Morbihan) où se situe son siège social, mais aussi à Paris, Medaviz a démarré son activité dans la téléconsultation médicale, un créneau à partir duquel cette entreprise veut devenir l’un des principaux intervenants de solutions digitales pour les communautés professionnelles territoriales de santé. Vont s’y regrouper, dans les différentes régions, des médecins, des infirmiers et autres acteurs de soins libéraux qui travailleront sur un même lieu. Pour les équiper en moyens numériques, Medaviz vient de lever 6 millions d’euros auprès de Groupama Loire Bretagne, Matmut, MBA Mutuelle et Bpifrance. Son président, Guillaume Lesdos, précise que le développement de l’entreprise va s’accompagner de "l’embauche de 60 collaborateurs en 2021". Medaviz, qui emploie 30 personnes à ce jour, réalisera un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros cette année.

Enensys Technologies freiné par la pandémie

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Enensys Technologies freiné par la pandémie Enensys Technologies freiné par la pandémie

À Cesson-Sévigné, Enensys Technologies crée des logiciels dédiés à la diffusion de la vidéo numérique. L’entreprise, qui a déjà investi 60 millions d’euros en travaux de R & D depuis dix ans, marque le pas. "Nous avons été freinés par la pandémie, beaucoup de salons internationaux ont été annulés", précise-t-on dans l’entourage de Régis Le Roux, son PDG. Au cours du premier semestre, le chiffre d’affaires (5,4 millions d’euros) affiche un recul de 1 million d’euros par rapport à la même période de l’exercice précédent. Composée de 50 collaborateurs, la société ne cache pas qu’elle pourrait être confrontée à une trésorerie tendue à l’automne, car elle s’attend à des cycles de décisions rallongés chez ses principaux clients.

Hoppen rachète son homologue Cineolia

La crise liée au Covid-19 et la surcharge de travail du personnel hospitalier ne sont pas sans profiter à Hoppen, à Rennes, qui développe des services numériques dédiés aux hôpitaux et aux malades. "Il y a absolue nécessité de réorganisation de l’hôpital pour améliorer les conditions de travail des personnels soignants", indique son président, Matthieu Mallédant. Hoppen a mis au point des solutions de digitalisation du parcours de santé du patient, notamment en équipant, à partir d’une tablette, les lits d’une offre numérique complète. Pour élargir son réseau, Hoppen vient de reprendre Cineolia qui dispose de 11 000 chambres connectées. Elles vont s’ajouter aux 45 000 chambres de son nouvel actionnaire. Il emploie désormais 360 salariés et continue de recruter. Hoppen a réalisé l’an passé un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros.

Une forte concentration à Rennes

Les chiffres sont sans appel. Quelque 38 000 des 46 500 emplois du numérique en Bretagne se concentrent dans le bassin rennais. L’Insee précise que le digital, et plus largement les activités liées au développement du web et des réseaux, sont "à 50 % occupées par des cadres à 70 % diplômés de l’enseignement supérieur". Dans l’ensemble de la région, près de 6 000 entreprises et établissements interviennent dans le numérique. Grâce à des groupes comme Orange – très impliqué à Rennes mais aussi à Lannion (Côtes-d’Armor) –, le numérique est désormais une réelle force économique avec "3,6 % des emplois salariés qui en dépendent", souligne l’Insee. "De prochaines pépites sont d’autant plus attendues que l’écosystème breton composé de la Région, des banques et des fonds financiers soutient les jeunes entreprises en croissance", indique Hugues Meili, le président du groupe rennais Niji et par ailleurs président de l’agence de développement économique BDI dont la Région est le principal partenaire.

 

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