Pour Paul Hermelin, le président de la French tech Grande Provence, "il n’y a ni inquiétude, ni alerte sur la trésorerie". Constat identique chez Aix-Marseille French tech. "Les levées de fonds se poursuivent, assure Pascal Lorne, son président. Les incertitudes aux États-Unis et en Asie offrent l’opportunité d’attirer des talents." "Il faut cesser avec notre complexe d’infériorité", estime Vincent Berge, son vice-président, en rappelant les huit trophées décrochés au CES Las Vegas 2020. Pour Olivier Ricard, l’un des trois vice-présidents de la French tech Côte d’Azur, la pénurie de développeurs devrait s’atténuer avec l’ouverture d’une École 42 à Nice.
Prodeej démultiplie les univers des livres
Avec sa plate-forme collaborative, en ligne cet automne, Prodeej, à Avignon (Vaucluse), fait converger écrit, audiovisuel et interactivité. Actes Sud et L’Harmattan sont partenaires. "Les éditeurs pourront créer des univers multimédias autour des auteurs, souligne son créateur, Roland Couture. Prodeej est un canal de distribution supplémentaire, un vecteur de lien social que chacun peut étoffer de communautés, de musiques et de films auxquels le livre a servi de point d’ancrage. Ce sera un outil culturel gratuit sans équivalent."
Neotys teste la résistance des applis web et mobile
E-commerce, banque, assurance, santé... Née en 2005, à Gémenos (Bouches-du-Rhône), Neotys rassure ses clients sur le fonctionnement optimal de leurs interfaces de programmation (API) et applications web et mobile. Sa plate-forme NeoLoad de test de performance proposée en abonnement et en mode SaaS a généré en 2019 un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros, dont 75 % à l’international. Neotys (90 salariés) vise 20 millions en 2021. "Nos clients testent plus pour éviter des dysfonctionnements préjudiciables à leur image et à leurs ventes. La crise a accéléré la transition", se réjouit le directeur général, Stéphane Jammet.
Humanroads défriche le maquis de l’orientation
Comment exploite-t-on ses diplômes et expériences dans sa trajectoire professionnelle ? Humanroads, à Avignon, combine intelligence artificielle et big data pour son "GPS des carrières et outil compagnon de Parcoursup". L’application cible les établissements scolaires et d’enseignement supérieur, les élèves, Pôle emploi, l’Onisep... Elle compte 50 000 utilisateurs. En février, Humanroads a levé 1,5 million d’euros après avoir agrégé 22 millions de parcours. L’indexation se poursuit avec l’Inria. L’entreprise (21 salariés) dégage 700 000 euros de chiffre d’affaires. "L’objectif est de doubler chaque année", précise Benoît Bonte, son président.
Onhys anticipe les intentions des piétons
ONHYS La crise sanitaire complique la gestion des piétons dans les villes et exige une nouvelle approche des foules. Impliqué dans le projet Opmops d’aide à la décision, Onhys, créé en 2015 par Sébastien Paris, a lancé fin 2019 un logiciel d’optimisation des flux piétonniers. Il a enrichi son simulateur d’un "module Covid" pour réduire les risques d’exposition au virus dans les lieux publics. L’État, des collectivités, des événements l’ont déjà utilisé. Onhys s’attache aussi à la gestion opérationnelle d’aléas. Installé à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), il compte 18 salariés et prévoit une levée de fonds à la fin 2021.
360&1 redonne du pouvoir aux hôteliers
Retrouver de la souveraineté est le souci des hôteliers aux marges rognées lorsque les réservations transitent par des plates-formes mondiales. Grâce au webmarketing, 360&1 (14 salariés) leur redonne la maîtrise de la rentabilité et de leurs marques et données avec FindThePax. Créée en 2016 par Olivier Ricard, la start-up niçoise (Alpes-Maritimes) a conquis plus de 2 600 hôtels. "Depuis le début 2020, nous sommes à +220% par rapport à 2019 au lieu des +300% espérés avant le confinement, assure-t-il. Nos outils ont généré 50millions d’euros de réservations chez nos clients. Nous allons améliorer encore leur prise en main."
Crocos Go Digital détecte les troubles cognitifs des enfants
Avec sa boutique atelier à Marseille (Bouches-du-Rhône), Crocos Go Digital, installé à Aix-en-Provence, élargit l’accès à ses jeux de stimulation cognitive et ateliers de programmation (drone, robot...) afin de repérer la précocité et les troubles d’apprentissage (attention, dyslexie, autisme...) des 6-15 ans et d’améliorer leurs capacités. La start-up (14 salariés) de Vincent Berge mixe neurosciences et intelligence artificielle. Un essai clinique national a été mené sur 150 enfants, mais 3 000 ont passé les tests. "Validé sur les déficits de l’attention et les inhibitions, notre concept va intégrer d’autres fonctions cognitives, assure-t-il. Nous bouclerons une levée de fonds d’ici à la fin 2020 puis réaliserons un essai clinique avec 1500enfants. Demain, nous voulons transformer ces tests en dispositifs médicaux."
Cartesiam automatise la maintenance prédictive
D.R. Cartesiam a subi le confinement juste après le lancement simultané à Toulon, New York et Nuremberg de son logiciel de machine learning sur microcontrôleur NanoEdge AI. Sa solution collecte et traite les données d’un équipement industriel pour prévenir les risques d’incident. La PME toulonnaise (Var) de 19 salariés a ouvert une antenne à Munich. "L’Allemagne est un marché prioritaire pour notre technologie disruptive, qui rend à l’industriel l’autonomie sur ses données", souligne Michel Rubino, son président, qui vise 1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2020 et prépare une levée de 5 à 8 millions.
GoJob dématérialise l’intérim
L’intérim a chuté depuis janvier, mais le choc épargne GoJob. "Nous atteindrons 50millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020, contre 20millions en 2019", se réjouit Pascal Lorne, le fondateur de l’agence d’intérim en ligne d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), qui emploie 100 salariés et a trouvé un poste à 10 000 intérimaires. GoJob compte 750 clients, dont Eiffage, Carrefour, Fnac-Darty, PSA... "La crise accélère la mutation du travail et les pratiques des intérimaires et des entreprises, assure le dirigeant, qui veut asseoir sa position de leader 100 % numérique en France. Nous sommes armés pour produire 1milliard d’euros sur un marché français qui s’élève à 25milliards!"
L’écosystème s’étoffe encore
Si à Aix-en-Provence, Thecamp doit redéfinir son modèle, Marseille pourra compter en 2023 sur le campus Theodora initié par le PDG de Jaguar Network, Kevin Polizzi, pour former, grâce à l’IA, des "salariés pragmatiques augmentés". Porté par CMA CGM, ZeBox à Marseille a incubé ou accéléré 40 start-up en deux ans (transport-logistique, mobilité, industrie 4.0...) "On s’inscrit en complémentarité, pas en supplémentarité de l’existant, prévient Matthieu Somekh, le directeur. Plus de la moitié de ces sociétés naissent à l’étranger, certaines rejoignent Marseille rapidement. La crise leur a permis de challenger leur offre et leur manière de conquérir des clients." French tech Grande Provence cherche un bâtiment totem à Avignon. À Toulon, TVT Innovation implantera incubateur, pépinière et fablab dans le quartier de la créativité Chalucet. Quant au cluster IA Côte d’Azur, il a réuni 100 membres en dix-huit mois. Il met l’IA au service de l’essor de l’agriculture locale.



