"La crise sanitaire a favorisé l’essor des entreprises qui développent des innovations facilitant le quotidien", observe Anaïs Vivion, la présidente de la french tech à Nantes. À l’image de Shopopop, éditeur d’une solution de livraison collaborative entre voisins, et de Vite mon marché, dans la distribution de produits frais et locaux à domicile. Les temps sont également favorables à Velco, et ses solutions connectées pour deux-roues, et à JHO, qui a levé 1,5 million d’euros pour son site commercialisant des produits hygiéniques féminins bio. Le courant est également porteur pour les technologies de l’e-commerce, point fort de la tech nantaise. Seules les start-up liées au tourisme, à la restauration et à l’aéronautique ont marqué le pas.
Tridan évalue en ligne les experts du digital
La start-up Tridan, émanation de la société angevine Global Eki Diffusion (13 salariés), vient de lancer une solution en ligne destinée à évaluer les compétences numériques d’un candidat à l’emploi selon des profils métiers. Deux tests sont déjà disponibles pour les métiers du marketing digital et les fonctions commerciales. Un troisième, en cours de développement, analysera bientôt les compétences des datascientists, profil très courtisé. Le site donne également accès à un simulateur de recherche de compétences aidant l’entreprise à définir le profil qui répond à ses besoins en termes de transformation numérique.
O°code sécurise le plan vélo du gouvernement
Depuis mai 2020, c’est la technologie d’O°code qui permet de gérer et sécuriser l’aide gouvernementale octroyée aux Français pour financer la réparation d’un vélo. Plus de 600 000 transactions ont déjà transité par la plate-forme de l’État. La start-up de La Roche-sur-Yon (Vendée) a développé une solution permettant d’authentifier et de suivre les interactions liées à n’importe quel objet ou document tout au long de sa vie. Elle repose sur un code unique gravé au laser sur le produit ou apposé sur le document à tracer. Deux ans de R & D ont été nécessaires pour mettre au point cette technologie, initialement développée dès fin 2016 pour localiser des objets perdus. Ce contrat avec l’État vient asseoir la stratégie d’O°Code (11 salariés), qui a levé 1,7 million d’euros en avril 2019 : multiplier les cas d’usages avant d’accélérer son développement commercial.
Easilys gère les cuisines au cordeau
À La Roche-sur-Yon, avec ses 90 salariés, Easilys édite une suite logicielle intégrée, sorte d’ERP dédié à la gestion back office des restaurants multisites. L’outil permet de gérer les achats, les inventaires, les recettes, le suivi des équipements (fours, hottes...). Parmi les nouvelles fonctionnalités : la gestion du plan de maîtrise sanitaire et celle des appels d’offres auprès des fournisseurs. Easilys compte 4 000 restaurants équipés, dont des références comme Big Mama,les CE de la RATP et d’Air France, le ministère de la Défense, Compass, Sodexo... Easilys affichait un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros l’an passé, en hausse de 160 % et restera en croissance cette année. Il boucle actuellement une nouvelle levée de fonds.
My Bacchus connecte les chais viticoles

Après le Bacchus one, cet objet connecté permettant de suivre la conservation d’une bouteille de vin, My Bacchus continue d’innover dans la winetech. La start-up nantaise de 7 salariés a lancé le Chai connecté. Adaptée aux différentes méthodes de vinification, cette bonde s’installe sur les cuves, tonneaux et amphores pour effectuer automatiquement un panel de mesures comme la température, l’humidité, les intrants et les gaz dissous. La solution est conçue comme un outil de pilotage et d’aide à la décision : les données sont remontées vers une plate-forme web et mobile permettant au viticulteur d’être alerté automatiquement en cas de problème. Les premiers exemplaires du Chai connecté seront livrés mi-octobre. Une centaine de précommandes ont déjà été enregistrées par My Bacchus, qui vient de lever 550 000 euros.
7opteam - Les interventions techniques
7opteam vient de lancer une plate-forme d’autodiagnostic multicanal. Ce module s’agrège aux différentes applications que propose la start-up nantaise autour de la planification et de l’optimisation des interventions techniques d’équipes mobiles. "À partir d’une série de questions modulables, une personne peut qualifier son problème. Cet autodiagnostic génère une solution pour le résoudre ou une prise de rendez-vous pour un dépannage sur site", explique le dirigeant de 7opteam, Bruno Renimel, qui entend augmenter le taux de résolution au premier contact, indicateur majeur dans le domaine du field service management. 7opteam, qui affiche 2 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 15 salariés, fonde 75 % de son modèle économique sur des contrats récurrents sur abonnement avec des clients comme Darty, Auchan Services, Socotec ou encore Iserba.
Digitemis maîtrise la cybersécurité des grands comptes
Depuis 2014, la PME vendéenne a toujours adopté un positionnement atypique en matière de cybersécurité, alliant édition de logiciels et prestations d’expertises technique et juridique. Une approche qui lui a permis de dépasser 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019, et de renouveler son Pass french tech. Sa solution Make it safe permet aux groupes et ETI d’évaluer les risques potentiels émanant de leur écosystème et d’assurer leur conformité par rapport aux différentes réglementations. Ludovic de Carcouët, qui développe toujours sa PME sur fonds propres, veut s’appuyer sur cette solution pour devenir un leader européen du marché. Entre son siège à La Merlatière (Vendée) et ses bureaux à Nantes et Paris, Digitemis emploie une cinquantaine de salariés.
Ecov covoiture comme on prend le bus
C. Choulot Cette entreprise nantaise fondée en 2014 se présente comme un "opérateur de mobilité en zone peu dense". Elle supplée les transports en commun en mettant en œuvre, à la demande de collectivités, des lignes permanentes de covoiturage de courtes distances signalées par des panneaux à messages variables. Forte de 45 salariés, Ecov a déjà déployé son service sur 32 lignes en France, pour le compte de 11 territoires et 3 autres réseaux sont en cours de déploiement. Elle a mobilisé 15 millions d’euros de financement et prévoit une nouvelle levée de fonds.
Nantes, l’antichambre des start-up parisiennes
En plein confinement, Doctolib a annoncé son implantation à Nantes avec la promesse de 500 emplois à terme. Ce projet conforte la cité des ducs comme l’une des destinations favorites des entreprises parisiennes du numérique cherchant un deuxième pôle pour accompagner leur essor. La fintech parisienne Pretto, qui poursuit la montée en puissance de son antenne nantaise, illustre ce mouvement. Avant elle, l’éditeur Talend, la fintech Nickel et la medtech Owkin ont aussi choisi Nantes. Le Palace, hôtel d’entreprises qui s’est récemment installé dans des locaux de prestige, en plein centre-ville, a accueilli une équipe du californien de Visage.Jobs, mais aussi les start-up Alan, Veepee, Figaro Classifieds. De petites équipes pionnières porteuses de développements prometteurs. Ces implantations ne sauraient faire oublier le vivier endogène, à l’instar de Mr Suricate qui a levé 2 millions d’euros pendant le confinement. En sept ans, la filière nantaise a gagné 9 000 postes, portant l’effectif global du secteur à 28 000. On recense à ce jour 150 start-up et le montant cumulé des levées de fonds atteignait 33 millions d’euros à l’été, la jauge normale annuelle se situant à 100 millions d’euros.



