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La compagnie française Towt démarre sa ligne de fret transatlantique en voilier-cargo

Alors qu’Anemos, le voilier-cargo de la compagnie TransOceanic Wind Transport (TOWT), a achevé sa première traversée transatlantique Le Havre-New-York, le second, Artemis a quitté le chantier de Piriou à Hô Chi Minh Ville (Vietnam). Guillaume Le Grand, son président, croit à la compétitivité du transport à voile face aux porte-conteneurs.

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le voilier-argo Anemos de Towt
La voilier-cargo Anemos est le premier d'une série de huit navires qui traverseront l'Atlantique en 2027.

C'est un nouveau voilier-cargo français qui jettera régulièrement l'ancre dans le port de New-York (Etats-Unis). Début septembre, l'Anemos, armé par la compagnie TransOceanic Wind Transport (TOWT), a achevé sa première traversée transatlantique au départ du Havre. Créée en 2011, l'entreprise affrétait jusqu’ici des navires à voile de plus petite taille.

À la tête de TOWT, Guillaume Le Grand, patron passionné par le transport maritime décarboné, a longtemps dû faire face au scepticisme de ses pairs. Avec l’aide du CIC, de Bpifrance, de transitaires et logisticiens, il a pu mettre à exécution son projet d'une flotte de voiliers-cargo. Premier d’une série de huit navires identiques capables de transporter 1200 tonnes de marchandises (1050 palettes EUR ou 800 palettes US), Anemos possède un équipage de sept personnes et peut embarquer jusqu’à 12 passagers au total. Le navire a été construit sur le chantier Piriou de Concarneau, hormis la coque réalisée en Roumanie. En parallèle, son premier sistership Artemis, a entamé son voyage inaugural depuis le chantier Piriou d’Hô Chi Minh Ville (Vietnam) où il a été construit. «Mais 40% de la valeur du navire, notamment les mâts, les gréements et équipements à valeur ajoutée sont réalisés en France, précise le Président de TOWT qui confirme la stratégie de l’entreprise. Nous allons faire construire six autres sisterships, dont le prochain sera livré pour début 2027, puis les autres suivront tous les trimestres.»

Un troisième navire pour 2027

Pour le voyage inaugural d'Anemos, Martell Mumm Perrier-Jouët, Château La Coste, Maison Joseph Drouhin, Andros, Chartreuse, les Cafés William, Vilebrequin et d’autres ont fait confiance à TOWT pour transporter des chaussures, des vins bio ou des couteaux. Ce transport décarboné permet de réduire de 92 à 99% les émissions de CO2 par rapport aux porte-conteneurs. Ce n’est pas 100% car il y a deux petits moteurs hybrides pour les manœuvres et la vie à bord. Et si le Président de la compagnie est bien conscient que le transport à voile reste une goutte d’eau dans un océan de porte-conteneurs, il met en avant l’atout du temps. «Nous ne fanfaronnons pas, mais nous allons transporter quelques dizaines de milliers de tonnes de marchandises par navire et par an, complète Guillaume Le Grand. Nous assurerons la traversée en 13 jours, soit environ 20 jours d’entrepôt à entrepôt. Si les porte-conteneurs sont plus rapides sur les mers, les conteneurs attendent des jours dans les ports. Finalement, le voyage oscille entre 32 et 35 jours.»

Le dirigeant propose une analyse au vitriol du monde du transport maritime. «Depuis, le covid-19, il y a une volatilité extrême et les prix ne se sont jamais stabilisés. C’est une industrie de cycles qui ne va pas bien. Les porte-conteneurs ne naviguent pas à pleine capacité. Il y a la guerre menée par les Houthis et la sécheresse qui bloque le canal de Panama.» Après New-York, Anemos va se rendre à Santa Marta (Colombie) pour charger le navire de café avant de mettre le cap sur Le Havre. «Nos futurs navires permettront d’augmenter le rythme des traversées transatlantiques vers New-York et l’Amérique du sud, mais nous ne nous interdisons pas de tenter d’autres routes maritimes.»

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