L’avenir de la centrale à charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône), dite "tranche 5", était acté à l’horizon 2022 par le gouvernement dans sa loi "Energie-Climat".
Il semblerait qu’il se raccourcisse encore, même si la CGT qui militait pour un projet alternatif à la fermeture en fera le 10 septembre l’un de ses multiples sujets de mécontentement exprimés dans sa "marche pour l’emploi et la dignité" sur le cours Mirabeau à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Daniel Kretinsky, à la tête du groupe tchèque EPH qui a repris les centrales à charbon françaises (Gardanne et Saint-Avold en Moselle) au groupe allemand Uniper, songerait à accélérer le processus pour l’unité provençale, paralysée par un conflit permanent entre direction et CGT. Il l’aurait annoncé en CSE. "Ce sera un PSE national qui sera décliné lors d’un prochain CSE et sa mise en place est imminente", indique l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Sensible en termes d’emplois, cette fermeture ne pèsera pas dans le "mix" énergétique régional.
Les données relevées par RTE témoignent d’elles-mêmes de l’extinction progressive du rôle de l’installation : si en 2015, la centrale gardannaise avait contribué pour 1,6 TWh à la production annuelle enregistrée en Provence-Alpes-Côte d’Azur (pour 2,6 TWh pour les centrales à cycles combinés à gaz de Fos et Lavera), son activité n’a cessé de chuter depuis pour atteindre 0 en 2019 (pour 6,6 TWh pour les centrales gaz) et 0 sur le premier semestre 2020. "La production thermique fossile est aujourd’hui portée à 99 % par les cycles combinés et les cogénérations fonctionnant au gaz naturel", note RTE dans son bilan 2019, en précisant, à titre de comparaison, que le photovoltaïque contribue à hauteur de 1,8 TWh.
L’Etat devrait accompagner le plan de sauvegarde de l’emploi et œuvrer aux côtés des collectivités à une reconversion dont les modalités et ambitions restent à discuter. Tous les élus n’affichent pas les mêmes intentions, d’autant plus que la centrale biomasse voisine, également propriété d’EPH ne fonctionne pas non plus comme elle devrait en raison du conflit social depuis décembre 2018 et de dégradations constatées sur les équipements. Le site nécessiterait des investissements pour sa remise en route. Cette usine était prévue pour une capacité de 150 MW à partir de 850 000 tonnes de bois par an mais n’a jamais fait l’unanimité localement en raison de craintes de déforestation. A Gardanne, une centaine de salariés intervient sur les deux unités. La fermeture de la centrale de Saint-Avold (Moselle) serait envisagée par EPH pour début 2022. Au total, 200 emplois pourraient être supprimés en France.



