La fédération française des télécoms (FTT) a publié une note intitulée «le secteur des télécoms résolument engagé en faveur de la sobriété énergétique et environnementale». Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de celles prises par les entreprises pour réduire leur consommation d'énergie au cours de l'hiver 2022-2023. Dans ce document, on retrouve des mesures déjà annoncées par la fédération, concernant la baisse des températures de chauffage dans les bureaux, l'extinction des feux dans les vitrines des agences télécoms... Et de nouvelles, dont une proposition relative à la 5G.
Investir moins pour dépenser moins d'énergie
Dans la troisième partie du document, à savoir la «mise en adéquation des obligations de déploiement au regard des enjeux de sobriété énergétique», la fédération française des télécoms avance de nouvelles pistes pour réduire les dépenses d'énergie du secteur. Les opérateurs télécoms estiment qu'une partie des obligations qui leur échoient ont pour conséquence d'augmenter structurellement la dépense d'énergie. «Les opérateurs ont identifié les obligations réglementaires les plus énergivores et suggèrent au gouvernement d’ouvrir une réflexion sur l’adéquation entre ces obligations et les besoins réels de leurs clients en 2023, à l’aune de l’impératif de sobriété énergétique» écrivent les auteurs de la note. De cette façon, c'est 5% des dépenses d'énergie des réseaux télécoms qui pourraient être épargnées.
La fédération propose donc d'interroger le rythme de déploiement «de la 5G dans la bande des 3,5 Ghz dans les zones les moins denses». Pour le dire autrement, il s'agit de ralentir l'investissement des opérateurs dans le réseau 5G, par rapport à ce qui était prévu initialement par l'autorité des télécoms (Arcep). La fédération indique que «l’allumage de la 5G en bande 3,5 GHz sur un site existant 2G/3G/4G accroît la consommation électrique du site de 40%». Cette mesure correspond à une diminution de 1,4% de la dépense énergétique. A cela s'ajoutent d'autres ajustements, comme la modulation de l'obligation de montée en débit dans les zones saisonnières, du déploiement sur les autoroutes...
A l'occasion, la fédération française des télécoms met en avant une mesure qu'elle défend depuis plusieurs mois : la mise à contribution des grands utilisateurs du réseau mobile. En faisant contribuer les géants du numérique au financement des réseaux, la FFT estime que le trafic augmenterait moins vite et donc, avec lui, «la consommation électrique et l'empreinte carbone globale du numérique». Le gouvernement ne semble pas prêt à suivre la voie présentée par la FFT. Selon nos confrères des Echos, le ministère de la Transition numérique estime important le fait que les opérateurs respectent les engagements pris vis-à-vis de l'Arcep.



