L'usineur Mathevon, situé à Saint-Étienne (Loire), change d'actionnaire majoritaire : le fonds franco-suisse Montyon Capital prend 80% des parts et remplace Siparex, Arkea et Africinvest qui lui ont permis de doubler son chiffre d'affaires en six ans pour atteindre 90 millions d'euros en 2024. Le président Sébastien Jerinte et une dizaine de cadres ont réinvesti dans l'entreprise, conservant ainsi 20% du capital.
Montyon, qui comprend le milliardaire français Pierre-Édouard Stérin dans son tour de table à travers le fonds Otium, «partage notre vision de long terme et notre ambition de croissance», résume Sébastien Jerinte, qui vient d'ouvrir un atelier d'assemblage en Arabie saoudite, afin de se rapprocher des compagnies pétrolières et, en particulier, d'Aramco. L'entreprise stéphanoise est aussi présente dans une zone franche en Malaisie, où elle dispose d'un atelier à proximité des forages en haute mer.
Cap sur le continent américain
Mathevon, qui emploie 500 personnes, usine et assemble des vannes de haute précision pour les environnements sévères dans les forages pétroliers et l'industrie gazière. Sa principale usine est à Sousse (Tunisie), où elle emploie plus de 300 personnes. Son site de la Loire concentre les activités de conception et prototypage, le siège social et la logistique. Fournisseur des compagnies pétrolières et de leurs prestataires, comme Schlumberger et Tecnip, Mathevon réalise 90 % de son activité à l'international.
«Nous arrivons au moment où Mathevon va se diversifier vers d'autres énergies, dont le nucléaire, vers le naval, l'aéronautique et le secteur de l'eau», avance Pascal Lebard, président de Montyon, ancien investisseur pour le britannique 3i et l'italien Exor (famille Agnelli), qui a dirigé le papetier Arjowiggins. Le nouveau propriétaire se dit prêt à accompagner une acquisition sur le continent américain.



