C’est un plébiscite pour le vaccin Pfizer/BioNTech. La Commission européenne a engagé deux mesures phares ce 14 avril pour obtenir nettement plus de doses que prévu, avec une rallonge de 50 millions dès ce deuxième trimestre, dont 7 millions pour la France, ainsi qu’avec un triplement des commandes jusqu’en 2023.
Le premier accord porte sur 50 millions de doses supplémentaires livrées dans l’UE pour le deuxième trimestre. Ce qui portera à un total de 250 millions le nombre de doses du vaccin Pfizer/BioNTech fournies au deuxième trimestre. Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission européenne a précisé lors d’une allocution ce 14 avril que "ces 50 millions de doses devaient, à l’origine, n’être livrées qu’au quatrième trimestre 2021. Elles seront désormais disponibles dès ce deuxième trimestre".
1,8 milliard de doses jusqu'en 2023
La seconde mesure porte sur la négociation d’un troisième contrat avec Pfizer et BioNTech, garantissant l’accès à l’UE à un total de 1,8 milliard de doses de ce vaccin entre 2021 et 2023. Ce qui constituerait un triplement des garanties actuelles. En 2020, la Commission européenne avait d’abord conclu un premier contrat pour 200 millions de doses plus 100 millions supplémentaires en option. Option qui avait été levée avant la fin de l’année. Le 8 janvier, un second contrat de 200 millions de doses et 100 millions supplémentaires avait été ajouté. Soit un total de 600 millions de doses pour 2021. "D’autres contrats pourraient ensuite être conclus avec d’autres sociétés", a souligné Ursula Von Der Leyen.
Selon la présidente, le contrat en cours de négociation porte aussi sur l’assurance d’une production de ces doses intégralement sur le continent européen, même pour les composants essentiels.
Calendrier perturbé
Ces deux décisions européennes illustrent deux points déterminants face à la lutte contre la pandémie. D’abord, il est question de faire face à "de nombreux facteurs" qui "sont encore susceptibles de perturber le calendrier de livraison de vaccins prévus", note Ursula Von Der Leyen, en évoquant le vaccin Janssen (Johnson & Johnson) dont le déploiement est désormais retardé dans l’UE suite aux cas de thromboses très rares rapportés aux Etats-Unis. Sans le nommer, la présidente de la Commission fait aussi une allusion directe au vaccin d'AstraZeneca qui a connu à la fois des retards de livraison mais aussi engendré des doutes et des délais suite à des cas de thromboses rares.
Variants et rappels
Par ailleurs, l’UE veut mieux se prémunir contre les variants, qui peuvent affaiblir l’immunité conférée par des vaccins actuels. Ce qui nécessitera probablement des rappels de vaccination des prochaines années. "Pour résolument vaincre le virus, nous devrons être prêts, à un certain moment, à faire des rappels pour renforcer et prolonger l'immunité et, si des variants résistants apparaissent, nous devrons mettre au point des vaccins adaptés", a ainsi insisté Ursula Von Der Leyen. Ajoutant que pour cela, "nous devons nous concentrer sur les technologies qui ont fait leurs preuves, et c’est le cas des vaccins à ARNm". Comme ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna, donc.
Pour 2021, l’UE a commandé et réservé plus de 1 milliard de doses de ces vaccins. Outre celui de Pfizer/BioNTech, elle dispose d’un contrat pour 460 millions de doses du vaccin Moderna. Les contrats avec AstraZeneca et Johnson & Johnson portent sur 400 millions de doses chacun. Enfin, deux autres contrats ont été établis pour deux vaccins pas encore autorisés dont le développement n’est pas encore achevé : ceux de CureVac, pour 405 millions de doses, et de Sanofi/GSK pour 300 millions de doses.
100 millions de vaccinés dans l'UE
Le 13 avril, l’UE a franchi la barre des 100 millions de vaccinations. Sur ce total, 27 millions d’Européens ont aujourd’hui reçu leurs deux doses et sont donc intégralement vaccinés. Enfin, la Commission indique qu’aujourd’hui, plus de 126 millions de doses vaccinales ont été bien réceptionnées dans l’UE.



