En novembre 2022, l’École Centrale de Lyon (ECL), l'École nationale des Travaux publics de l'État (ENTPE), l’Insa Lyon et Mines Saint-Étienne officialisaient la création du Collège d’ingénierie Lyon Saint-Etienne. Dans le cadre de cette alliance qui vise à être le démonstrateur de nouveaux modèles de coopération territoriale entre acteurs académiques et socio-économiques, les quatre écoles de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA) se sont engagées à impulser des projets collaboratifs et à développer des actions communes en ingénierie permettant de mettre en œuvre des synergies?dans les domaines de la recherche, de l’innovation et du transfert technologique, de l’entrepreneuriat et de la diffusion des connaissances. Mais aussi celui de la formation.
« En croisant nos thématiques de formation et de recherche, nous allons pouvoir gagner en visibilité et affirmer un positionnement original pour attirer des bacheliers, des étudiants français et étrangers en master et doctorat vers des formations techniques et scientifiques nouvelles, interdisciplinaires et ouvertes sur la société. Ces diplômés pourront ainsi occuper des emplois qui seront dédiés à accompagner les mutations profondes de notre société », soulignait Cécile Delolme, directrice de l’ENTPE, dans le communiqué publié à l’occasion de l’officialisation de cette alliance.
Faire le lien entre les ingénieurs et les opérateurs machines
Ce partenariat a d’ores et déjà donné lieu à la création de deux nouvelles formations Bachelor assistant ingénieur en Mutations technologiques et industrielles (MTI) lancées à la rentrée 2024 : l’une sur le campus de Saint-Etienne de l’ECL autour du génie civil ; et l’autre sur le Site d’Oyonnax de l’Insa Lyon autour de la plasturgie. L’objectif ? Répondre aux besoins industriels sur les formations intermédiaires d’assistants ingénieur. « Dans l’industrie, et particulièrement dans la plasturgie dont le tissu industriel est principalement composé de PME et de TPE, il existe une forte demande de techniciens supérieurs et cadres intermédiaires capables de faire le lien entre les ingénieurs et les opérateurs machines », rapporte Jean-Yves Charmeau, directeur du site d’Oyonnax de l’Insa Lyon. Cette demande se manifeste dans un contexte industriel en pleine mutation numérique et écologique, avec une importance grandissante accordée à l’économie circulaire. « Des enquêtes menées par le centre technique industriel de la plasturgie et des composites (IPC) auprès des entreprises montrent qu’elles ont du mal à mettre en place des initiatives pour suivre cette évolution?et les législations nationales et européennes contraignantes sur les plastiques et composites à court et moyen termes », relève Jean-Yves Charmeau. C’est dans ce cadre-là que le Collège d’ingénierie Lyon Saint-Etienne a développé ces deux nouveaux cursus (accrédités par la Commission des titres d’Ingénieur, CTI) visant à former des assistants ingénieurs capables de faire du management de terrain entre les ingénieurs, les techniciens et ouvriers, pour relayer et encadrer des projets afin d’accompagner les entreprises dans leurs mutations numérique et écologique. « Deux autres spécialités portées par d’autres écoles devraient ouvrir à la rentrée 2025, et deux autres encore dans les années suivantes », annonce Jean-Yves Charmeau.
Booster l’attractivité du site d’Oyonnax
Pour répondre à l’ensemble des besoins en compétences des entreprises en mutation, l’Insa Lyon a également lancé, à la rentrée 2024, un diplôme d’ingénieur de spécialisation (accrédité par la CTI) pour l’industrie des polymères et composites – Eco-responsable, efficience et digitalisation. « Il est important de ne pas opposer les aspects écologique et numériques car produire plus proprement implique une production plus efficiente sur le plan énergétique, et cela passe notamment par un captage des données et une optimisation des machines, explique le directeur du site d’Oyonnax de l’Insa Lyon. L’idée est d’amener les entreprises vers une transformation en lien avec toutes les évolutions rapides de l’industrie. » L’objectif de ce second diplôme est de former des cadres de haut niveau, pour manager, piloter et implanter dans les PME, ETI et les sites de production de grandes entreprises, la double mutation écologique et numérique nécessaire à l’industrie actuelle et de demain.
25 % des cours dispensés par des professionnels
Sur la forme, ces deux nouvelles formations font la part belle à l’apprentissage : la totalité (18 mois à partir de bac +5) du diplôme d’ingénieur de spécialisation se fait en alternance, tout comme les deuxième et troisième années du Bachelor (trois ans post Bac). Et dans chacun des cursus, 25 % des cours sont donnés par des professionnels (industriels, experts) hors éducation nationale. Ces parcours sont entièrement dispensés sur le site d’Oyonnax de l’Insa Lyon. Un choix stratégique face aux difficultés rencontrées par l’école pour attirer les étudiants à Oyonnax. « La direction de l’INSA Lyon a décidé d’arrêter de faire venir à Oyonnax les étudiants qui avaient commencé leur parcours sur le site de La Doua car la plupart d’entre eux n’avaient pas envie de quitter Lyon après y avoir passé déjà un à trois ans s’ils avaient fait le 1Er cycle Insa », confie Jean-Yves Charmeau. Ainsi, la filière Génie Mécanique Plasturgie et Polymère Avancés (GMPPA) en apprentissage a été entièrement rapatriée à Lyon, tandis que la formation Ingénieur Génie mécanique polymères et composites (GMPC) s’arrêtera en juin 2026. Le campus d’Oyonnax n’accueillera désormais plus que les deux formations lancées à la rentrée 2024. « Ce choix répond aussi à une forte incitation de la région AURA à développer des formations dans les territoires », amende le directeur du site d’Oyonnax de l’Insa Lyon.A termes, l’Insa prévoit de pouvoir accueillir jusqu’à vingt-quatre étudiants dans chaque promotion du Bachelor assistant ingénieur et du diplôme d’ingénieur de spécialisation.



