"Il y a une hausse considérable de l’activité de mise en barquette de poulet, pour les grandes surfaces. Dans les ateliers, les postes face à face ont été séparés par des lanières en plastique, ceux côte à côte par des supports en plexiglas ou du film alimentaire. Car pas question de réduire les cadences en nous éloignant...
C’est une nouvelle façon de travailler, il faut accepter de moins bavarder, on ne peut plus fêter nos anniversaires ensemble. L’ambiance a changé, on s’isole. Et on fait beaucoup d’heures. On a réussi à maintenir un jour de repos par semaine, mais les gens font 42 heures. Le travail est pénible, dans notre secteur. Beaucoup ont des TMS et en ce moment, ils ne peuvent plus voir leur kiné. Je ne sais pas combien de temps
on va tenir.
J’espère que la direction n’imagine pas nous mettre aux 60 heures, parce que dans deux semaines, on sera tous en arrêt maladie. Nous, les oubliés, on nous dit maintenant qu’on est indispensables. Ça nous rend plutôt amers... On répond fidèlement à l’appel, mais notre mobilisation sera-t-elle reconnue ? La colère monte dans les ateliers"



