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L'industrie du futur passe par la réactivité et l’ouverture

À un rythme sans cesse plus rapide, de nouveaux besoins apparaissent, des attentes différentes surgissent. L'industrie s'y adapte en modifiant sa façon de gérer ses ressources humaines, de créer et de commercialiser ses produits, autrement dit, en innovant.

 

L'industrie du futur passe par la réactivité et l’ouverture

Dans la bataille industrielle, c’est bien souvent le plus réactif qui gagne. La France a fait ce pari en basant sa stratégie de réindustrialisation sur l'innovation, grâce à des dispositifs comme France Relance, France 2030 ou La French Fab. Le Gouvernement français entend ainsi favoriser l’émergence de l'industrie et des emplois de demain.

Selon le World Economic Forum, la digitalisation des entreprises va supprimer 85 millions de postes d’ici à 2025, mais en créer parallèlement 97 millions. La métallurgie, l’équipement électrique, l'électronique et l'informatique jouent déjà un rôle de locomotive. Pour monter dans ce train, encore faut-il posséder le bon profil.

Les métiers de demain

Imaginer les professions dont l'industrie aura besoin à moyen terme apparaît aléatoire. Mais, sur le court terme, des tendances apparaissent clairement. La liste des métiers de demain est longue et ne peut être exhaustive. Il faut commencer par le digital et le numérique bien sûr. Mais ces deux compétences devront intégrer une composante environnementale, pour gagner en sobriété énergétique.

L'impression 3D, la maintenance prévisionnelle, la réalité virtuelle, la réalité augmentée ne feront que prendre de l'importance. Déjà apparaît la fabrication additive (création d'objets à partir d'un fichier numérique par la superposition de fines couches de matière). La maîtrise de l'hydrogène va très vite devenir fortement créatrice d'emplois. La robotique reste une valeur sure, déjà épaulée par la cobotique (collaboration homme-robot).

Les métiers industriels du futur traiteront des outils connectés, des capteurs intelligents, de l'internet des objets. De plus en plus de données différentes sont collectées de plus en plus vite. Les traiter nécessitera des experts en big data. Pour tester, créer, l'industrie aura besoin de compétences dans les domaines des jumeaux numériques (réplique numérique d'un objet), de cybertesteurs, de spécialistes de l'ingénierie système (conception et validation de systèmes complexes).

Décompartimenter la formation

Surtout, il faudra une grande capacité d'adaptation pour suivre le rythme imposé, d'où la nécessité d'une approche pluridisciplinaire (scientifique, management, commerciale...). Maxime Dubray a créé en 2021 Wishbone SAS, déjà membre de la communauté de Bpifrance La French Fab. Sa start-up veut mettre sur le marché des systèmes automatiques de transport de marchandises par drones. « Nous avons besoin de spécialistes en mécatronique », explique Maxime Dubray. Cette discipline combine des compétences en mécanique, électronique, automatique et informatique. Maxime Dubray y ajoute l'énergie. « Ce métier sera très demandé dans les années à venir. Comme je n'ai pas trouvé la formation adéquate, je suis en train de créer un programme centré sur la création pure, et de le faire valider par la commission des titres d'ingénieur, afin de déboucher sur un diplôme de management et d'ingénierie d'étude en R&D. Je proposerai ce programme à mes futurs collaborateurs ». 

La formation se décompartimente. Aix-Marseille-Université a engagé cette mutation. En partenariat avec la Société d'Accélération du Transfert de Technologies (SATT) Sud-Est, l’Université d’Avignon et le cabinet IODA Consulting, elle a créé « Docs du Sud ». Cette association permet l'embauche de jeunes docteurs envoyés pour un à deux ans dans des entreprises avec une mission précise : travailler sur un produit, une innovation, développer un service R&D. Docs du Sud aide le chercheur en lui fournissant un appui pour ses démarches administratives et financières.

Dans la même optique d'ouverture, le groupe Daher a créé en septembre 2022, près de Toulouse Le Log'in, un centre d'innovation dédié à la logistique du futur. Le centre regroupe des moyens humains et matériels d'industriels très divers, avionneurs, équipementiers aéronautiques, logisticiens, mais aussi de start-up, de PME, d'écoles et universités pour former, tester des innovations et travailler en commun sur des projets. 

Donner du sens et mixer les équipes

Cette ouverture passe également par la prise en compte de l'environnement sociétal. Pour attirer et conserver les talents comme pour séduire ses clients, l'industriel ne peut plus se contenter de produire le plus possible et à moindre coût. Quand il choisit son employeur, le jeune ingénieur privilégie un poste qui lui permettra d'agir utilement pour la planète ou pour la société. 

La mise en pratique des valeurs deviendra vite un facteur essentiel de réussite. Cela concerne tous les secteurs, avec la nécessité de mettre en place des pratiques écologiques, des process qui diminuent les pertes de matière première, privilégient les circuits courts.

Les innovations deeptech séduiront peu si elles ne sont pas accompagnées d'une démarche intégrant leur utilité sociétale. Il est donc important de réunir dans les équipes dédiées aux innovations des ingénieurs bien sûr, mais également des diplômés ayant un tout autre profil, par exemple venant d'écoles de commerce.

 « J'ai besoin de collaborateurs disposant de compétences pluridisciplinaires pour encadrer mes hyper-spécialistes » précise Maxime Dubray. « Nous travaillons déjà avec une junior-entreprise des Arts et Métiers pour tout ce qui concerne le chiffrage du projet. Nous espérons nouer un partenariat avec un industriel pour fabriquer des micro-moteurs puissants ».