Le sommet européen historique qui s’est conclu mardi 21 juillet après quatre jours d’âpres négociations pour définir le plan de relance et le budget de l’Union Européenne sur la période 2021-2027 n’a pas été favorable aux acteurs de la Défense.
Les industriels du secteur de l’armement attendaient avant tout de ce sommet exceptionnel le montant qui allait être affecté au fonds européen de défense. Les Etats membres ont finalement consacré une enveloppe de 7 milliards d’euros, soit le bas de la fourchette lors des négociations. La déception doit être d’autant plus grande qu’à l’origine, c’était un montant de 13 milliards d’euros qui avait été prévu par la Commission européenne, avant d’être ramené à 6,5 milliards d’euros lors la présidence finlandaise de l’Union européenne.
Un changement de paradigme
Il s’agit toutefois d’un montant inédit consacré à l’effort de défense pour l’Union Européenne. Comme l’indique le Conseil européen, ce fonds doit "favoriser la compétitivité, l’efficacité et la capacité d’innovation d'une base industrielle et technologique de la défense européenne à travers des actions collaboratives et des coopérations transfrontalières".

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Il doit aussi favoriser la participation des PME, les grandes oubliées des programmes d’armement en coopération, en leur assurant une partie des contrats auprès des grands groupes d’armement. "Il y a quelques années, il était encore impensable que l’Europe injecte de l’argent dans le domaine de la défense. L’existence même du fonds européen de défense, c’est un changement de paradigme, c’est une révolution", avait tenu à rappeler la ministre française des Armées Florence Parly, lors de son audition le 2 juillet 2020 devant les parlementaires européens.
Un fonds essentiel pour la défense
Les négociations ont dû être serrées jusqu’au dernier jour. Début juillet, Paris et ses partenaires pensaient avoir sécurisé un montant de 9 milliards euros et espéraient même avoir plus... Avec l’Allemagne, l’Espagne et Italie, la France avait écrit au Haut représentant et aux autres ministres de la Défense de l’Union européenne pour défendre un FED ambitieux. A posteriori, l’initiative est restée lettre morte.
Devant la tendance baissière, les parlementaires français s’étaient également mobilisés, comme la vice-présidente (PS) du sénat Hélène Conway-Mouret, membre de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Selon elle, ce fonds "n’est pas simplement utile, mais absolument essentiel", affirmait-elle dans nos colonnes en juin dernier.
Du côté des industriels des systèmes d’armement, cela devrait être la soupe à la grimace. "Si ce budget n’était pas tenu, ce serait un signal assez négatif", avait alerté dès janvier 2020 Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, fabricant du Rafale mais également président du GIFAS (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales).



