L'aéronautique française confrontée aux aléas de l'Europe de la défense

Le groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) redoute une baisse des crédits accordés au fonds européen de défense mais anticipe la notification d’un premier contrat autour du futur avion de combat européen.

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Maquette avion de combat européen SCAF
Selon Eric Trappier, président du GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales), les états européens (Allemagne, France, Espagne), pourraient signer d'ici fin janvier un premier contrat avec les industriels pour développer un démonstrateur d'avion de combat européen capable d'effectuer un premier vol en 2026

Pour les industriels français de l’aéronautique, la défense se conçoit plus que jamais à l’export et à l’échelle européenne. Rappelant la nouvelle volonté des états européens de bâtir des programmes militaires en coopération, Eric Trappier, président du GIFAS (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) et également PDG du groupe Dassault Aviation, a toutefois exprimé son inquiétude concernant une éventuelle réduction du fonds européen de défense.

"Si ce budget n’était pas tenu, ce serait un signal assez négatif", a-t-il déploré, à l’occasion de ses vœux à la presse, ce 9 janvier.

Destiné à favoriser les coopérations industrielles et technologiques sur les systèmes d’armes, le fonds européen de défense pourrait être significativement revu à la baisse. Prévu à l’origine pour atteindre un montant de 13 milliards d’euros sur la période 2021-2027, les derniers arbitrages à Bruxelles pourraient aboutir à un montant de 6 milliards d’euros notamment du fait de l'absence de contribution du Royaume-Uni liée au Brexit.

Qui aura accès au fonds européen de défense ?

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Autre question qui se pose : qui aura accès à ce fonds ? Le GIFAS souhaite qu’il puisse également bénéficier à des industriels de pays européens en dehors de l’Union européenne comme la Suisse et éventuellement le Royaume-Uni post Brexit. Il tient toutefois à en exclure les industriels américains basés en Europe. "Je ne vois pas pourquoi le peu d’argent disponible en Europe pour la défense devrait alimenter des industriels américains déjà massivement soutenus par leurs autorités", a précisé Eric Trappier.

Un contrat imminent pour le futur avion de combat européen

Du côté des grands programmes, le patron du Gifas a davantage de motifs de satisfaction. Le programme SCAF, le système de combat aérien du futur, devrait franchir une nouvelle étape déterminante avec la signature d’un premier contrat auprès des industriels pour développer un démonstrateur. Ce programme, majeur pour l’industrie de défense européenne, vise à remplacer les Rafale tricolores et les Eurofighter allemands et espagnols d’ici 2040 par des avions de combat de nouvelle génération en les faisant interopérer dans un vaste système de combat collaboratif composé de drones, de satellites… "Nous avions remis aux Etats une offre d’un démonstrateur lors du salon du Bourget. L’offre a été étudiée et travaillée. Une première phase doit être contractualisée dans les jours qui viennent", a indiqué Eric Trappier. L’objectif est de faire voler un premier démonstrateur d’avion de combat en 2026.

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